Entreprise et Progrès a reçu Laurence Rossignol, Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes. Elle a lancé un appel vibrant à la transparence et à l’égalité salariale stricte dans les entreprises et dans la fonction publique.

Cette égalité fait partie des propositions qu’Entreprise et Progrès a faites aux candidats à l’élection présidentielle 2017.

Voici quelques extraits de son intervention :

Question :  Cela fait un an que vous avez démarré la campagne « Sexisme, pas notre genre ». Quel est votre regard sur cette campagne ? Comment en évaluez-vous l’impact ? Avez-vous senti un changement d’attitude ? 

Laurence Rossignol : Merci de votre invitation car mon intervention chez Entreprise et Progrès représente ma dernière apparition publique. Et je suis très heureuse d’être là parmi vous. Sur la campagne « Sexisme, pas notre genre ! », j’ai quelques remarques :

  • Il n’y a pas un seul secteur de notre société qui ne soit pas touché par la misogynie et dans lequel les femmes ne soient pas discriminées. Les discriminations et les inégalités ont une dimension systémique : c’est à dire que tout se tient. Les stéréotypes de genre qui vont déterminer les comportements des femmes dans leurs choix, dans leurs orientations scolaires, dans leurs choix professionnels, dans leur rapport au travail, etc. : tout cela est totalement imbriqué. Les stéréotypes de genre expliquent les inégalités professionnelles. Les stéréotypes de genre expliquent aussi les violences à l’encontre des femmes. Il m’a semblé important de réunir, de rassembler et de faire rencontrer les femmes qui portent ces sujets-là pour travailler ensemble. Car au final, elles sont toutes porteuses de la globalité de l’approche mais chacune la développe dans son propre secteur où elle a décidé d’agir.
  • Le bilan objectif que j’en tire : cette campagne a permis de « libérer la parole » : nous avons eu beaucoup de reprises de la part de la presse. Cela démontre que les journalistes pensent que c’est un sujet de société qui va intéresser tous ses lecteurs. C’est très important, à mon sens, de partager les sujets relatifs au sexisme avec les femmes car cela leur permet de se mettre à distance de ce qu’elles vivent de façon à s’extraire personnellement pour se resituer dans un mécanisme qui est comme le racisme, l’antisémitisme : ce n’est pas chacune des victimes qui est la cause de ce qu’elle subit. De ce point de vue-là, nous avons réussi car suite à la campagne « Sexisme, pas notre genre », j’ai vu fleurir des quantités de blogs, de Tumblr : il s’est passé quelque chose.
  • Toutefois, la problématique centrale est celle de l’égalité salariale. Nous avons réussi à faire sortir le sujet du sexisme, à bien montrer qu’au-delà des lois (la première loi sur l’égalité professionnelle date de 1983), on constate que tant d’années après, les résultats ne sont pas au rendez-vous et que nous sommes confrontées à quelque chose d’infiniment plus profond.

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Chantier : « Quelle place pour les femmes dans l’entreprise du bien commun »- 7 mars 2017

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