Les objectifs initiaux d’Entreprise et Progrès: faire connaître l’entreprise à de futurs salariés en leur donnant la possibilité d’en être des acteurs… jusqu’à en créer une !

Les jeunes connaissent mal le monde de l’entreprise et le travail salarié leur est tout aussi étranger. C’est pourtant, en toute logique, par le salariat qu’ils découvriront l’entreprise : les travailleurs salariés du secteur concurrentiel sont plus de 16.5 millions, ceux du secteur public, plus de 4.5 millions, les travailleurs indépendants ne sont pas plus de 2.3 millions en France.

Leur seule initiation au monde du travail, était, jusqu’à peu, le stage malheureusement souvent caricaturé comme « photocopie-machine à café » d’une semaine en classe de 3ème. Les gains pour l’élève étaient minces… L’option Découverte Professionnelle en classe de 3ème a changé la donne pour bon nombre de collégiens.

Le lancement de la DP3 à la rentrée 2005 sous l’égide de Gilles de Robien, alors Ministre de l’Education nationale, a eu pour objectif de leur faire connaitre « le monde professionnel » et tout particulièrement les emplois salariés du « privé ». Elle a ouvert une voie dans laquelle s’engagent des jeunes de plus en plus nombreux : en 2008, 84 000 collégiens ont préféré cette option au traditionnel latin ou à une troisième langue vivante, soit 11 % des élèves de 3ème.

Au vu de l’importance que représente la DP3, nous avons, compris dès 2006, à Entreprise et Progrès, qu’il s’agissait d’une opportunité pour faire rencontrer deux mondes qui se connaissent mal : l’entreprise et la jeunesse.

Pourtant, il nous a paru qu’on ne pouvait se limiter à présenter les différents métiers, visiter des entreprises, visionner des vidéos présentant des emplois plus ou moins attractifs ou comparer les différents postes au sein d’une même société. Cette démarche, certes classiquement pédagogique, place les élèves dans une position fondamentalement passive, alors que 3 heures par semaine offrent la possibilité d’une véritable initiation au monde de l’entreprise.

Pour placer les élèves dans une posture plus « proactive », et à l’initiative du président du chantier initial, Jean-Pierre Ferretjans, nous sommes d’abord partis de l’idée d’appliquer la méthode des cas – qui donne une vue d’ensemble du fonctionnement de l’entreprise – à un exemple de création d’une petite entreprise. En somme, raconter l’histoire vraie d’une entreprise, de sa naissance à sa pleine croissance. Nous avons vite saisi qu’il fallait aller plus loin et, dans un deuxième temps, laisser les rênes aux élèves afin qu’ils construisent eux-mêmes LEUR entreprise. Et donc, à la fois susciter une envie de créer, peut-être, un jour, une entreprise et fournir les bases d’une méthode pour y parvenir.

L’expérience DP3 relatée par Libération

Notre démarche présente donc un but pédagogique et social : ouvrir des perspectives d’avenir à des jeunes qui en sont souvent dépourvus. C’est pour cette raison que nous nous adressons en priorité à des jeunes de quartiers populaires. Car, hors de la voie royale que dessine le système d’enseignement français vers des filières sélectives ou bien vers des postes de fonctionnaires attribués en fonction des critères de l’enseignement général, leurs perspectives professionnelles leur paraissent souvent réduites.

Mais c’est aussi leur ouvrir l’esprit à une réalité bien plus vaste qu’on ne l’imagine. Une entreprise, c’est d’abord la satisfaction d’un besoin solvable, mais bien des organisations à but non lucratif doivent aussi se concevoir comme traitant les besoins de « clients » face à des « concurrents » qui fournissent déjà des services ou apportent des solutions analogues. Tous ont l’obligation de se différencier pour naître et survivre.

Et puis, l’entreprise est une histoire d’hommes et de femmes, une idée, un projet, une construction. « Les quartiers » comme les appellent pudiquement les médias regorgent de matière grise et d’idées originales. Autant de petites graines d’entreprises qui ne demandent qu’à être mises en terre et arrosées. Encore faut-il savoir qu’avec une bonne idée et de la volonté, et surtout une bonne méthode, on peut construire une entreprise, son entreprise.

C’est tout l’objet de la démarche d’Entreprise et Progrès. Faire découvrir aux jeunes un monde dont ils ne soupçonnaient pas même qu’il puisse être à leur portée. Et pourtant !

Ce projet est animé au sein d’Entreprise et Progrès par Hervé Gourio.

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