L’actu du bien commun – mai 2021 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

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Mais où va l’économie ?

Une reprise à deux vitesses

Un an. Cela fait un an que le monde est entré dans une période de crise sanitaire… mais aussi un an que l’économie est profondément bouleversée.

Un an, et pourtant, le devenir de l’économie mondiale reste plus que jamais flou. Plus que jamais, on observe une reprise économique à deux vitesses. D’un côté, des pays qui ont pu s’adapter à la crise sanitaire, grâce au numérique et à la vaccination, qui devraient vite retrouver les niveaux d’activité économique d’avant crise. De l’autre, des pays plongés dans l’austérité, minés par la fermeture de certains secteurs. 

Pire, la crise sanitaire a bouleversé les équilibres de production mondiaux, et on commence à voir les conséquences de l’émergence de certaines pénuries : composantes électroniques, plastiques, pétrochimie… Alors, reprise globale ou pas ? Seul le temps le dira.

En attendant, en Occident, de plus en plus de voix s’élèvent pour demander des réformes économiques profondes : on espère désormais sortir d’un libéralisme dérégulé, refonder l’Etat providence, miser sur la formation… Peu à peu, l’Union Européenne bascule dans un nouveau paradigme, celui d’une économie transformée pour être plus durable, plus juste, avec en ligne de mire une réforme globale de l’Organisation Mondiale du Commerce. Il semble de plus en plus clair que les modèles vont bouger, et certains affirment déjà que “l’économie de marché sera démocratique ou ne sera pas.

En France, c’est toujours l’incertitude. Un an après le début de la crise, l’économie est coupée en deux : si l’industrie repart, le secteur commercial et la restauration sont toujours à l’arrêt. Le déconfinement résorbera-t-il le choc ? Le MEDEF espère en tout cas un “petit matin” à défaut d’un grand soir, en attendant un plan de relance de 40 milliards via Bruxelles d’ici septembre. 

Loi Climat et résilience

À quoi s’attendre ?

Après plusieurs semaines de débat, l’examen du projet de loi Climat et résilience, s’inspirant des 149 mesures de la convention citoyenne pour le climat, s’est achevé à l’Assemblée nationale mi-avril. C’est le moment de faire un point sur ce qu’elle implique en attendant son examen par les sénateurs en juin. 

De quelle façon la loi Climat et résilience va-t-elle transformer nos modes de vie, de production, de consommation ? Parmi les principales mesures retenues, côté énergie, l’Assemblée a voté l’interdiction de la location des “passoires thermiques” en 2028. Dans cette même optique de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la publicité pour les énergies fossiles sera amenée à disparaître, car fortement sanctionnée, tout comme les allégations trompeuses sur la publicité des produits, s’apparentant à du greenwashing. La vente de poids lourds majoritairement à énergie fossile sera également interdite en 2040. Enfin, côté consommation, la mise en place de l’éco-score devrait permettre aux consommateurs de connaître l’impact environnemental des produits du quotidien et des vêtements. 

Malgré des mesures plus nombreuses que prévu à l’origine, la loi Climat et résilience fait débat. Certains dénoncent des mesures bien trop restrictives qui risquent de nuire à certains secteurs comme l’automobile. D’autres mettent en lumière son “caractère punitif”

À l’inverse, une grande majorité des parties prenantes l’estiment trop générale, peu ambitieuse, insuffisante… La loi Climat semble décevoir jeunes dirigeants, réseaux d’entrepreneurs, militantsPour le Haut Conseil pour le climat, le Conseil national de la transition écologique et le Conseil économique, social et environnemental, les mesures adoptées ne permettent pas d’atteindre l’objectif d’une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. Les critiques portent notamment en particulier sur le délit d’écocide, le code minier, les passoires thermiques ainsi que le manque de réglementation de la publicité sur les SUV

Le gouvernement, taxé d’avoir tenté de minimiser l’urgence d’aboutir à une loi climat ambitieuse, envisage à ce titre la création d’un Défenseur de l’environnement, permettant de veiller et conseiller sur le respect de la législation en matière d’environnement. Cela suffira-t-il à calmer les plus sceptiques ? Pas sûr, car il y a urgence ! 

Management

Des bouleversements à anticiper

Avec la crise sanitaire, les modes de travail au sein des organisations se trouvent bouleversés. Pour l’entreprise, pas d’autre choix que d’innover et de se restructurer pour développer et pérenniser son activité dans le monde d’après. 

Mais alors à quoi ressemblera le leadership et le management post-covid ? Avec le travail à distance qui semble pour l’instant se maintenir, il s’agira de découvrir de nouvelles formes d’organisations plus agiles. Place à l’entreprise horizontale, à l’écoute des préoccupations et des convictions de ses salariés. Ou à l’entreprise hybride qui jongle sans difficultés entre télétravail et présentiel et qui n’hésite pas à s’appuyer sur le digital pour développer de nouveaux outils de management. 

Ces nouveaux modes de travail offrent une plus grande autonomie, une responsabilisation des collaborateurs, mettant un terme à un micro-management vieillissant. Mais tout n’est pas rose : pour les collaborateurs, l’unité de temps et de lieu a sauté, seul persiste l’unité d’action qui peut être à l’origine d’un malaise chez le salarié qui ne comprend plus où se situe sa place au sein de l’entreprise

Dans ce contexte, le management doit évoluer pour reposer toujours plus sur la confiance, la bienveillance et la responsabilisation des collaborateurs. Le rôle des managers prend ici tout son sens puisque, à distance, ils deviennent un ciment indispensable entre les équipes. 

Autre ciment en ces temps perturbés : le sens, que l’entreprise doit plus que jamais prendre en compte. Les jeunes talents, de plus en plus nombreux à avoir rejoint cette quête, ont tendance à rapidement quitter l’entreprise qui ne saura pas prendre en compte ce besoin. C’est là que la marque employeur peut intervenir, au même titre que le management, afin de démontrer les qualités d’écoute et d’humanité dont l’entreprise peut faire preuve. 

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Un livre : Dans l’Entreprise Contributive, Fabrice Bonnifet, Directeur du Développement Durable du Groupe Bouygues et président du C3D, et Céline Puff Ardichvili, dirigeante de Look Sharp, livrent “des pistes concrètes et des exemples actuels et inspirants pour redéfinir une politique de contribution globale positive des entreprises à la société”. Cet ouvrage donne les clés de la transformation vers l’entreprise de demain. 

Un podcast : BàM! est un podcast bimensuel qui a pour objectif d’aider les entreprises à passer du Business à la Mission. Il se décline en deux formats, l’interview RSE et la question RSE, et est proposé par l’Agence Déclic et Xavier Debontride, journaliste économique. Vous y découvrirez des initiatives qui concilient performances économique, sociale et environnementale.

Un concept : Et si les entreprises réinventaient leur modèle économique en s’inspirant de la nature ? Dans la mesure où de plus en plus d’entreprises cherchent à transformer leur modèle économique suite au choc de la crise de la Covid19, cet article permet de faire la lumière sur un modèle d’entreprise qui se baserait sur le système d’une forêt. Il s’agit ainsi d’une entreprise qui chercherait consciemment à “élargir son empreinte socio-écologique en restaurant la santé des personnes, des lieux et de la planète”. 

Un événement : Organisé par Challenges et la Toulouse School of Economics (TSE), le Common Good Summit réunira prix Nobel, chercheurs de grandes universités, dirigeants de grandes entreprises, etc. autour des questions de bien commun, inégalités, énergie et climat, digital, santé, finance… Rendez-vous les 27 et 28 mai en 100 % digital. 

Une étude : Dans son baromètre « La RSE vue par les dirigeant.e.s d’entreprise », Ekodev apporte des éléments de réponse sur la façon dont les chefs d’entreprise perçoivent la RSE au sein de leur structure, leur propre engagement ainsi que les limites de cet engagement grâce aux témoignages de dirigeants et responsables RSE de près d’une centaine d’entreprises de diverses tailles. 

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