L’actu du bien commun – juillet 2021 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

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Formation

Trouver les compétences d’avenir

Monde d’après, transition post-covid, transformation écologique et sociale : une chose est certaine, nos sociétés sont en train de changer, vite et profondément. Pour les organisations économiques il va donc falloir s’adapter, se transformer, et surtout se former. Identifier les compétences nécessaires pour faire face à un monde incertain et en pleine mutation, les attirer et les cultiver seront probablement les grands challenges organisationnels des prochaines années.

Certains signes sont déjà perceptibles : les soft skills et les compétences digitales et technologiques tiendront probablement une place importante dans l’économie de demain. Il faudra des managers agiles, humains, capables de gérer les talents autant que les compétences, en donnant de l’autonomie aux collaborateurs. L’entreprise de demain devra laisser vivre les “mad skills” : ces profils atypiques, qui provoquent les transformations. Les métiers de l’économie durable, de la RSE et de la transition écologique ont aussi de beaux jours devant eux et ne connaissent pas la crise. Les attentes des salariés vont d’ailleurs dans le sens de cette transformation durable de l’entreprise.

Dans chaque secteur, les bouleversements et les disruptions vont amener à se poser de nouvelles questions : comment combler le “skill gap”, comment attirer les collaborateurs performants ? Et derrière ces questions, il y a celle, fondamentale, de la formation : un domaine où les choses sont amenées à bouger vite. Le gouvernement va probablement s’emparer du sujet en transformant la formation professionnelle. Mais du côté des acteurs privés, la tendance est déjà là : les business models de la formation continue explosent et se diversifient. Les grandes écoles de commerce misent désormais sur la fertilisation croisée et l’hybridation des compétences. Le Collège des Directeurs du Développement Durable, en partenariat avec le Collectif pour un Réveil Écologique, le MEDEF et d’autres partenaires, a même lancé un MOOC pour se former aux enjeux de la transition écologique en entreprise.

Tout est donc là pour commencer dès aujourd’hui à trouver les compétences qui feront l’entreprise de demain.

L’innovation

Pour rebondir après la crise

Et si l’innovation servait d’outil pour reconstruire après la crise sanitaire et économique ? En tout cas, le champ de l’innovation semble en pleine ébullition ces derniers mois. 

Il y a d’abord l’Etat, qui dévoile cette semaine un plan de plusieurs milliards d’euros pour booster la recherche et l’innovation notamment dans le domaine de la santé, crucial en ces temps de Covid-19. Cette annonce fait suite à différents plans d’action stratégique liés aux sujets d’innovation : en 2019, il y avait eu le plan Nano 2022, pour booster la recherche et l’innovation en nano-électronique ; en fin d’année dernière, c’était au tour de la LPPR (Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche), pour repenser l’écosystème innovant en France ; et puis, en janvier dernier, le plan quantique pour accélérer la recherche en physique quantique.

Bien conscient que l’innovation, notamment dans le digital, mais aussi dans l’économie responsable et le Made in France, sont des leviers de compétitivité pour les entreprises françaises, les pouvoirs publics entendent réformer l’écosystème d’innovation et de recherche du pays. Mais les initiatives publiques sur ce sujet créent la polémique  : la LPPR (Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche) a par exemple fait l’objet de vives critiques en fin d’année dernière.

Côté entreprises, on observe déjà que malgré la crise, les dirigeants misent plus que jamais sur l’innovation. Désormais, les entreprises travaillent sur l’innovation urbaine, quand d’autres mettent à profit l’automatisation ouverte pour réinventer l’industrie. Pour Jonathan Lascar, du HUB de BPI France, il serait même temps pour les dirigeants d’investir sur la deeptech. 

Du côté de VivaTech, ce sont les innovations bas-carbone qui avaient le vent en poupe. Ou les innovations Tech for Society. Mais pas seulement : on y trouvait cette année des pépites dans tous les domaines : bio-informatique, énergie, transports…. Plus globalement, l’écosystème des start-up innovantes à impact explose, pour faire face aux défis de la transition écologique, sociale, économique et sanitaire.

La crise n’a donc visiblement pas freiné l’innovation, bien au contraire.

Marketing

Entre reprise et révolution

Ça y est, l’activité repart. À la faveur du ralentissement de la crise sanitaire et de l’avancée de la vaccination, la consommation semble en bonne voie pour être à nouveau dynamique. Alors forcément, pour les marques, il faut se relancer.

Dans ce contexte, le marketing doit se réinventer, et se demander comment bien rebondir et profiter du redémarrage ? D’ores et déjà, plusieurs tendances émergent : en 2021, le marketing sera un marketing de la confiance. Il faut rassurer le consommateur, le réconforter, et le réengager après une période longue où il a été tenu à distance par les confinements et l’anxiété liée à la crise. Il faut “reprendre le marketing de zéro”, comme l’explique Patrice Laubignat (EforBrands) : le réancrer dans le temps long et lui donner plus de sens.

Pour les marques, il faut donc désormais se bâtir sur des valeurs fortes, des valeurs humaines, sociales. Ce sont ces valeurs qui re-créeront le lien avec des consommateurs qui ont plus que jamais besoin de se sentir proches de leurs marques, y compris sur le plan éthique. L’enjeu est donc d’humaniser l’information, de la rendre plus transparente, plus authentique, et cela vaut autant pour les médias et les réseaux sociaux que pour les entreprises.

Reste à savoir si le digital et la technologie, qui constituent de plus en plus les canaux du marketing, peuvent ou non aider à résoudre ce défi, à faire émerger un marketing et une publicité plus responsable

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Une plateforme : The Other Economy est une plateforme lancée par Alain Grandjean, économiste, cofondateur de Carbone 4 et président depuis 2019 de la Fondation Nicolas Hulot, et Marion Cohen, consultante spécialiste de la transition écologique, visant à construire une économie écologique et solidaire. Elle se compose de connaissances et de propositions destinées à celles et ceux qui souhaitent tendre vers une économie plus juste et écologiquement soutenable. 

Un Mooc : Avec « Comprendre la crise écologique pour réinventer l’entreprise », formez-vous gratuitement sur la transition écologique grâce au Mooc réalisé par le C3D et le Collectif PRÉ en partenariat avec 6 réseaux reconnus sur ces sujets : l’ADEME, le Collectif Génération Responsable, le Comité 21, le MEDEF, l’ORSE et le UN Global Compact France. Au programme : des cours déclinés en trois modules, à savoir « Comprendre la crise écologique » ; « Notre modèle socio-économique au cœur de la crise écologique » et « Comment réinventer l’entreprise face à la crise écologique », et des interviews d’experts reconnus, climatologues, experts de la biodiversité, de l’énergie, des économistes et des acteurs engagés.

Une thèse : Dans “Les stratégies de proximité de l’ESS au service des alternatives économiques”, Laura Gueorguieva-Bringuier expose les initiatives au sein du secteur de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) proposant des logiques de fonctionnement de proximité en rupture avec le paradigme dominant, particulièrement opposées à la prééminence des logiques néolibérales. En effet, les personnes et les organisations attentives à la biodiversité et au développement des potentialités humaines ont bien conscience que le système économique dans lequel nous inscrivons la plupart de nos échanges n’est pas un système viable. La chercheuse analyse notamment ce qui freine le développement de ces structures alternatives ou leur normalisation, les empêchant ainsi d’avoir une portée transformative sur l’économie et la société à plus grande échelle.

Une étude : Dans l’étude “Les dirigeant(e)s face à la crise”, le Medef et Supermood dévoilent des résultats encourageants quant au moral des dirigeants et à leurs perspectives pour le reste de l’année. 83 % des dirigeants interrogés ont par exemple déclaré que la crise a renforcé leur capacité à rebondir et la majorité des entreprises ayant pris des engagements RSE considèrent que cela a été un atout pour faire face à la crise. . Cette étude est issue d’un sondage réalisé en mai 2021 auprès de dirigeants d’entreprises françaises. 

Un partenariat : Entreprise et Progrès rejoint le French Business Climate Pledge, un engagement volontaire d’entreprises implantées en France qui agissent concrètement pour réussir la transition vers une économie bas carbone, l’innovation et le développement de solutions, technologies, produits et services bas carbone. L’objectif ? Mettre en lumière la diversité des solutions apportées par les entreprises dans la lutte contre le changement climatique. Ce partenariat fait sens pour Entreprise et Progrès dans la mesure où l’association souligne depuis 50 ans le rôle indispensable de l’entreprise dans la mise en place de solutions pour un futur meilleur et place notamment l’intelligence collective et la collaboration au centre de son fonctionnement.

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