L’actu du bien commun – octobre 2021 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

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Rentrée, reprise, rebond

Et leurs incertitudes

Le mois de septembre a été pour le moins agité pour les entreprises, avec comme un air de rentrée un peu spécial. Touche-t-on enfin à la fin de l’épidémie ? Que faire de nos masques, de nos gestes barrières, de nos pass sanitaires, dans des organisations qui veulent plus que jamais revivre, mais jamais tout à fait comme avant ? En tout cas, le nouveau protocole sanitaire s’impose, et avec lui, de nouvelles habitudes à prendre.

Du côté des chiffres, on voit poindre les effets de la reprise économique. Mais avec toujours en toile de fond des incertitudes majeures. Il y a d’abord les contrastes importants qui persistent entre les secteurs : ceux qui peuvent revivre, et les autres. Il y a aussi des enjeux émergents comme l’inflation, qui commence à bousculer les rouages de la grande machine économique. Dans certaines organisations, c’est la pénurie de main-d’œuvre qui perturbe tout. Et dans d’autres, les tensions sur les ressources ou les approvisionnements, symboles d’une mondialisation au bord de la thrombose

Malgré tout ça, les chefs d’entreprise semblent y croire, et leur moral est en hausse. Mais pour passer cette période charnière, il faudra plus que de l’optimisme. Il faudra avant tout de la confiance : confiance dans l’avenir, confiance dans ses collaborateurs. Il faudra aussi retrouver la motivation, pour éviter la fuite des salariés qui se dessine dans beaucoup de secteurs transformés par la crise. 

Cette confiance et cette motivation seront essentielles dans l’entreprise qui va devoir adopter un modèle hybride : entre présentiel et télétravail, entre autonomie et velléités de contrôle. Les entreprises vont devoir miser sur un management de proximité et sur la prise en compte individuelle des aspirations des collaborateurs en gardant en tête l’importance de leur laisser du temps. Ces derniers ont dans tous les cas besoin de se retrouver et de renouer avec leurs collègues et managers, un facteur indispensable au bon déroulé de ce retour au bureau. Il s’agira aussi de reconsidérer la place et la manière dont l’espace de bureau s’organise, ou de proposer des environnements hyper-personnalisables autour des activités individuelles et collaboratives

Au cœur de la transformation des entreprises qui s’annonce, il y aura évidemment la question du sens. Être utile à la société : voilà le mot d’ordre pour les acteurs privés. À l’image de ces 150 chefs d’entreprise qui lancent la convention des entreprises sur le climat, ce sont les entreprises qui sont en effet en première ligne pour inventer une économie plus durable et écologique, dont on a tant besoin aujourd’hui.

En bref, l’entreprise doit se réinventer, dans un contexte où tout est bousculé. En voilà un bon programme pour ces mois de rentrée.

Entreprise de demain

Les nouveaux modèles se bousculent

À propos de réinventer l’entreprise, ce ne sont pas les propositions qui manquent aujourd’hui. Chefs d’entreprise et managers semblent en ébullition pour inventer ce que sera (peut-être) l’entreprise de demain dans ses formes, dans ses codes, et même dans sa raison d’être.

Une chose semble certaine, l’entreprise de demain sera une entreprise engagée, une entreprise à mission, qui s’implique dans la société. C’est la tendance lourde de ces dernières années, et ce n’est pas pour rien : l’entreprise engagée est aussi une entreprise performante. Preuve de cet engouement : aujourd’hui plus de 200 entreprises sont “à mission” en France, et elles représentent désormais près d’un demi-million de salariés. L’entreprise à mission n’est aujourd’hui plus une niche.

Parallèlement, de nouveaux modèles de management émergent. L’entreprise semble devoir être toujours plus inclusive. Elle doit rassembler, équilibrer les chances, développer les potentiels, autant qu’elle doit lutter contre les discriminations et les exclusions. On parle aussi désormais d’entreprise “sans chef”, d’entreprise libérée : tous ces nouveaux modèles qui rebattent les cartes traditionnelles des hiérarchies corporate.

Plus étonnant, l’entreprise s’insère aussi dans le mouvement “slow”. Né en Italie pour désigner une nouvelle vision de l’alimentation, tournée vers le terroir, et surtout vers le temps long (la bonne cuisine prend du temps), le mouvement slow appelle à sortir autant que possible des dérives de l’entreprise ultra rapide, ultra réactive, ultra agile. Pour retrouver le temps de faire mieux. Alors, il est peut-être temps de tester la slow entreprise ?

Désormais l’entreprise se veut même “quantique” : tout en flux, en interactions, en écosystème, elle est fluide, en équilibre. Une révolution copernicienne qui propose une conception élargie et extensible de l’entreprise, pour mieux comprendre sa création de valeur et sa raison d’être. Vaste programme.

En tout cas, les propositions sont ouvertes, et puisque les entreprises doivent se réinventer, autant y mettre toute la créativité dont elles sont capables. 

Biodiversité

Mesurer pour agir

Début septembre se tenait le Congrès de l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, réunissant gouvernements, experts scientifiques, entreprises, ONG et citoyens autour de la sauvegarde de la biodiversité. L’objectif : dessiner un cadre mondial de la biodiversité afin de placer la crise de la biodiversité au même niveau que celle du climat

Pour les entreprises, si l’impact sur le climat et l’empreinte carbone sont de plus en plus pris en compte, la protection de la biodiversité fait, quant à elle, encore trop peu partie de l’agenda des dirigeants. Pourtant, l’effondrement de la biodiversité représente une menace pour les entreprises, et surtout pour celles dont le modèle économique repose sur des écosystèmes naturels. Et pour cause, 42 % des actifs détenus par des institutions financières françaises sont fortement dépendants d’au moins un service écosystémique (pollinisation, approvisionnement en eau, fertilité des sols). Globalement, c’est toute l’économie qui dépend de la biodiversité. L’effondrement de la biodiversité a et aura donc de plus en plus un impact direct sur les entreprises. D’autant que l’urgence est là : 30 % des espèces d’arbres à travers le monde sont menacées d’extinction.

On le sait, les entreprises doivent faire partie de la solution. Au-delà de la prise de conscience qui se joue actuellement viendra rapidement la nécessité de définir des méthodes et une façon d’agir. La formation constitue à ce titre une première étape vers une meilleure prise en compte de l’impact des entreprises sur la biodiversité, à l’instar du MOOC Entreprises et Biodiversité. Certains ateliers tels que la Fresque de la Biodiversité permettent également de sensibiliser de façon ludique les collaborateurs.

Puis, pour se lancer dans la réduction de cet impact, il est nécessaire de bien cerner son ampleur. Le WWF élabore à ce titre une méthodologie permettant de mesurer l’impact des entreprises sur la nature. En parallèle, les entreprises peuvent s’appuyer sur trois types d’actions : préserver, améliorer et restaurer. Il existe ainsi un ensemble de solutions fondées sur la nature reprenant le fonctionnement des écosystèmes et s’appliquant à des échelles plus larges. 

Début septembre se tenait le Congrès de l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature, réunissant gouvernements, experts scientifiques, entreprises, ONG et citoyens autour de la sauvegarde de la biodiversité. L’objectif : dessiner un cadre mondial de la biodiversité afin de placer la crise de la biodiversité au même niveau que celle du climat

Pour les entreprises, si l’impact sur le climat et l’empreinte carbone sont de plus en plus pris en compte, la protection de la biodiversité fait, quant à elle, encore trop peu partie de l’agenda des dirigeants. Pourtant, l’effondrement de la biodiversité représente une menace pour les entreprises, et surtout pour celles dont le modèle économique repose sur des écosystèmes naturels. Et pour cause, 42 % des actifs détenus par des institutions financières françaises sont fortement dépendants d’au moins un service écosystémique (pollinisation, approvisionnement en eau, fertilité des sols). Globalement, c’est toute l’économie qui dépend de la biodiversité. L’effondrement de la biodiversité a et aura donc de plus en plus un impact direct sur les entreprises. D’autant que l’urgence est là : 30 % des espèces d’arbres à travers le monde sont menacées d’extinction.

On le sait, les entreprises doivent faire partie de la solution. Au-delà de la prise de conscience qui se joue actuellement viendra rapidement la nécessité de définir des méthodes et une façon d’agir. La formation constitue à ce titre une première étape vers une meilleure prise en compte de l’impact des entreprises sur la biodiversité, à l’instar du MOOC Entreprises et Biodiversité. Certains ateliers tels que la Fresque de la Biodiversité permettent également de sensibiliser de façon ludique les collaborateurs.

Puis, pour se lancer dans la réduction de cet impact, il est nécessaire de bien cerner son ampleur. Le WWF élabore à ce titre une méthodologie permettant de mesurer l’impact des entreprises sur la nature. En parallèle, les entreprises peuvent s’appuyer sur trois types d’actions : préserver, améliorer et restaurer. Il existe ainsi un ensemble de solutions fondées sur la nature reprenant le fonctionnement des écosystèmes et s’appliquant à des échelles plus larges. 

C’est finalement tout notre rapport à la nature qu’il est nécessaire de repenser, de transformer, de réenchanter de façon globale. Il est à ce titre important de travailler tous ensemble afin de placer l’intelligence collective et la coopération au service de la protection de la biodiversité

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Un livre : Dans “Innovez autrement, disnovez !”, Arnaud Groff et Lionel Meneghin proposent de disnover, c’est-à-dire de faire évoluer les pratiques de management de l’innovation pour que celui-ci soit au service d’un progrès à la fois économique, social et environnemental. 

Un MOOC : La LPO, le MEDEF et l’OFB lancent la création d’un MOOC Entreprises et Biodiversité, une formation en ligne gratuite et accessible à tous, qui sera accessible au printemps 2022. Trois séquences rythmeront le parcours pédagogique : comprendre les risques et l’urgence d’agir face à l’érosion du vivant, agir à l’échelle de son site d’activités et tout au long de la chaîne de valeur, faire le diagnostic de ses activités, mobiliser ses équipes et s’engager.

Une exposition : L’Exposition Universelle de Dubaï a ouvert ses portes et son Pavillon France accueillera une exposition permanente sur 1000 m² et proposera aux visiteurs une « déambulation à travers l’histoire du progrès ». Cinq expositions temporaires sont également prévues (cinéma, arts de la table…). 

Un réseau : Act4Nature est une initiative d’engagement volontaire en faveur de la biodiversité destinée aux entreprises internationales françaises. Elle a pour objectif de mobiliser les entreprises sur la question de leurs impacts directs et indirects, leurs dépendances et leurs possibilités d’action favorable à la nature.

Une étude : Une étude du groupe de formation Cegos met en lumière la façon dont les salariés perçoivent la RSE de leur organisation. Menée auprès de 1 000 collaborateurs et 204 directeurs ou responsables RSE et publiée le 22 septembre, l’étude révèle un besoin de formation ainsi que de de fortes attentes des collaborateurs vis-à-vis des engagements RSE de leur entreprise et met en lumière un besoin de formation. 

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