Maximiser l’impact social et sociétal des entreprises en actes

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De plus en plus, les entreprises sont scrutées pour leur impact sur le reste de la société : on demande aux entreprises d’avoir un impact positif sur l’économie globale, en créant de l’emploi et de la richesse, on leur demande de réduire leur impact carbone, de gérer leur impact sur la biodiversité… Mais l’entreprise, la crise sanitaire l’a bien mis en lumière, est aussi une organisation humaine, sociale. Son impact n’est donc pas qu’économique ou environnemental, mais il se déploie dans les sphères de l’inclusion, de la lutte contre les inégalités sociales ou contre les discriminations, et même du progrès social et des évolutions sociétales. 

Tous ces enjeux deviennent cruciaux pour les entreprises, dans un monde où les consommateurs, devenus consomm’acteurs citoyens, attendent de plus en plus des entreprises qu’elles s’engagent dans tous les aspects de la vie sociale.

Dès lors, la question se pose : comment une entreprise peut-elle contribuer positivement aux évolutions sociales ? Comment peut-elle participer à l’intégration des personnes isolées ? À la réduction des fractures qui traversent nos sociétés ? À l’amélioration des conditions sociales des travailleurs ou au dialogue entre les générations ? Plus largement, l’entreprise est confrontée à la question de son rôle dans la sphère sociale : doit-elle participer aux grands débats de société ? Et si oui, comment ?

Afin de répondre à ces questions, retour sur le cinquième atelier du chantier impact d’Entreprise et Progrès : “Maximiser l’impact social et sociétal des entreprises en actes” avec Guillaume Richard, président fondateur de OuiCare et Charles Lantiéri, directeur général délégué de La Française des Jeux. 

Le chantier “L’impact en actes, pour maximiser l’impact positif de son entreprise et passer de l’intention à l’action” est présidé par Sylvie Borias, CSR et Corporate Communication Director du Groupe Bel et vice-présidente d’Entreprise et Progrès, Vincent Perrotin, Directeur RSE et Secrétaire du Comité des parties prenantes de la FDJ, avec le soutien de Christine Durroux, senior partner chez Kea & Partners et vice-présidente d’Entreprise et Progrès, en partenariat avec le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D).

L’impact social et sociétal : l’humain au cœur de l’entreprise

Depuis des années, les entreprises sont scrutées notamment pour leur impact environnemental et social. En matière climatique par exemple, la machine semble lancée depuis longtemps : les entreprises font leurs bilans carbone, mettent en place des stratégies climat. En matière d’impact social en revanche, les choses semblent plus complexes. L’impact social et sociétal est une notion plus floue, plus incertaine. L’impact social et sociétal désigne toutes les problématiques qui touchent, de près ou de loin, au facteur humain au cœur de l’entreprise.

Dans l’impact social, on trouve : la qualité de vie au travail, les liens sociaux au sein de l’entreprise, la question des discriminations, l’inclusion, l’égalité hommes femmes, l’emploi durable, la formation, la transmission des savoirs. Tous les enjeux RH, en résumé. Mais l’impact social et sociétal, c’est aussi l’impact de l’entreprise sur les communautés locales, sur sur la vitalité des territoires, son impact sur les clients et dans la sphère collective.

Aujourd’hui, les entreprises semblent particulièrement attendues sur ces problématiques humaines. Ainsi, dans une étude en 2020, l’IFOP révélait en effet l’influence de la Covid19 sur les attentes des Français vis-à-vis des entreprises. La sensibilité des Français sur ces sujets semble ainsi s’être accrue. 82% des personnes interrogées pensent par exemple que l’évaluation de la performance des entreprises doit porter autant sur les résultats environnementaux et sociaux que sur ses résultats financiers. On note ainsi un regain d’intérêt évident pour les enjeux liés à la Qualité de Vie au Travail : 81% des salariés estiment par exemple que le sujet du bien-être au travail doit être un enjeu prioritaire pour les entreprises. Les collaborateurs sont aussi en quête de sens dans leur travail. Tout comme les consommateurs, notamment les jeunes générations, qui sont désormais sensibilisés aux impacts de leurs choix de consommation et souhaitent contribuer à une société plus juste, sans diminuer leur niveau de vie.

L’impact social est donc un enjeu très vaste avec des ramifications multiples. Pour une entreprise, cela implique de devoir identifier les enjeux prioritaires, faire le tri, trouver les leviers efficaces pour contribuer à améliorer son impact humain.

Impact social et sociétal : comment identifier les enjeux de son organisation ?

S’engager dans une démarche de maximisation de l’impact social et sociétal signifie en premier lieu identifier les conséquences humaines de son activité, qu’elles soient positives ou négatives. Par la suite, il s’agit de se positionner sur un ensemble de causes, d’actions à mener. Et pour les choisir, il est nécessaire d’interroger les parties prenantes, prendre en compte les aspirations des collaborateurs et toujours agir en fonction du cœur d’activité et de l’histoire de l’entreprise. 

La mesure comme point de départ de la maximisation de l’impact social et sociétal

Une fois les enjeux identifiés, reste à les quantifier : l’impact est ainsi indissociable de la mesure. 

La mesure permet de prendre conscience de sa portée, d’identifier les critères sur lesquels agir, de définir des objectifs et de guider la stratégie globale d’impact. Par la suite, la mesure permet également de vérifier l’efficacité des actions mises en place. Cela permet par exemple de communiquer sur ces résultats auprès des collaborateurs afin de fédérer les équipes autour de cette stratégie à impact. 

La mesure des impacts sociaux est également de plus en plus attendue par les parties prenantes de l’entreprise. Chez tous les types d’investisseurs (actionnaires, individuels, institutions financières, gestionnaires d’actifs, sociétés de capital d’investissement…), on remarque de fortes attentes liées à l’impact positif des entreprises, qu’il soit social ou environnemental. En 2018 déjà, le CEO de BlackRock soulignait ce niveau de tension dans une lettre envoyée aux dirigeants des entreprises dont il est actionnaire. Il y précisait : « pour prospérer au fil du temps, toute entreprise doit non seulement produire des résultats financiers, mais également montrer comment elle apporte une contribution positive à la société. Les entreprises doivent bénéficier à l’ensemble de leurs parties prenantes, dont les actionnaires, les salariés, les clients et les communautés dans lesquelles elles opèrent”. Les investisseurs sont donc plus que jamais en recherche de données, sur tous les critères ESG, et notamment sociaux et sociétaux. La mesure de l’impact social permet de répondre à cette attente.

Mettre en place des actions et du dialogue autour de son impact social

Cependant cette mesure, même lorsqu’elle repose sur des études concrètes, ne constitue pas une fin en soi mais doit conduire à des actions supplémentaires, elle doit servir une démarche de long terme, en constante évolution et visant toujours plus d’impact positif.

Pour créer cette dynamique, c’est encore le dialogue qui doit être la pierre angulaire : dialogue avec les collaborateurs, dialogue avec les clients, dialogue avec les parties prenantes, comme les ONG ou les représentants des territoires, mais également avec des experts ou spécialistes en fonction des sujets. 

C’est avec eux qu’il faut trouver les méthodes les plus pertinentes, les co-construire, pour répondre de façon la plus pertinente possible à leurs besoins. Il s’agit là d’une démarche à inscrire dans le temps long : créer un dialogue pérenne pour mettre en œuvre des actions concrètes, pertinentes et adaptées aux enjeux humains de l’entreprise.

Bref, pour une entreprise, maximiser son impact social et sociétal est un enjeu complexe. De l’identification à la mesure de l’impact, en passant par l’élaboration d’une stratégie globale, il s’agit toujours de s’inscrire dans le dialogue, dans la co-construction avec les parties prenantes. 

Remettre l’humain au cœur de tout, voilà l’enjeu. C’est évidemment une transition difficile, mais à l’heure où l’entreprise se doit de contribuer au Bien Commun, c’est aussi, et surtout, une nécessité, et même un enjeu de pérennité. 

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