L’actu du bien commun – avril 2022 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

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Résumé de l’actu

L’actu du bien commun c’est l’actualité du leadership, de l’impact, de la raison d’être et bien d’autres sujets de bien commun décryptés pour vous. Retrouvez dans votre veille d’avril un décryptage de l’actualité autour de trois thématiques clés : 

  • L’entreprise libérée : modèle idéal ou utopie ?
  • Quels liens entre entreprises et démocratie ?
  • Les enjeux clés pour la finance de demain.

Entreprise libérée

Modèle idéal ou utopie ?

L’ « entreprise libérée », généralement présentée comme le mélange entre une innovation managériale et un modèle organisationnel d’avenir, est un concept managérial qui s’appuie sur une grande autonomie et une responsabilisation des employés. L’objectif : libérer les collaborateurs pour libérer leur capacité d’innovation. Ces derniers s’auto-dirigent et gèrent les moyens mis en œuvre pour atteindre des objectifs qu’ils ont souvent définis eux-mêmes.

C’est avec la crise de la Covid-19 que ce modèle s’est démocratisé dans la mesure où les collaborateurs ont goûté à plus de liberté. Mais quels sont ses avantages ? En replaçant l’humain au centre de l’entreprise, ce modèle cherche à travailler sur le pourquoi et non plus seulement sur le comment. Comprenez : permettre à chaque collaborateur de saisir le sens de ses missions, de s’en imprégner, de les vivre, en bref d’être véritablement engagé. De cette manière, l’entreprise devient plus agile, plus résiliente. L’entreprise libérée est donc une entreprise qui résiste mieux aux crises et qui surperforme.

Cette transmission des valeurs autour de l’humain et la hiérarchie aplatie, propres à ce modèle, permettent également à l’entreprise libérée de développer sa stratégie RSE de façon efficiente. D’autant que ce modèle est totalement compatible avec les entreprises de l’ESS, il a même tendance à également améliorer leur performance.

Cependant attention, si sur le papier le modèle semble idéal, il implique un certain recul afin de ne pas tomber dans des dérives : responsabilisation épuisante, charge de travail trop lourde, manque d’effectifs, etc. Il ne s’agit pas non plus de se rapprocher de ce modèle afin de s’en servir comme un argument pour redorer la marque employeur d’une entreprise.

Pour éviter ces dérives, la solution pourrait être de penser ce modèle sous un autre angle. Et si l’entreprise libérée était avant tout libérante ? Et si l’on cessait de vouloir « libérer » l’entreprise pour poser les bases de l’entreprise « libérante » ? Cela impliquerait de repenser le rôle du leader, qu’il prenne la position d’un “servant leader”, un leader plus empathique, un leader au service de ses collaborateurs.

Entreprise et démocratie

Quels liens ?

Le sujet central de la démocratie anime depuis toujours nos sociétés. Mais ces dernières années, il est revenu en force en s’étendant au monde des entreprises, notamment avec la transformation des modes de management dans certaines structures. Mais qu’est ce qu’une entreprise démocratique ? Il s’agit d’une organisation qui applique les grands principes démocratiques : la participation aux décisions, aux idées, aux échanges, par tous les collaborateurs grâce à une hiérarchie aplatie et une grande transparence des informations. Facteur de performance et d’ouverture du dialogue social, l’entreprise a besoin de démocratie

Mais, ces enjeux de démocratie, l’entreprise les vit d’autant plus aujourd’hui à l’extérieur de sa structure. De plus en plus, elle est interpellée par le monde, par l’histoire, par la politique. On le voit notamment dans le cadre de la guerre en Ukraine qui pose la question de l’implication des entreprises, de leur rôle dans la protection de la démocratie. Récemment, c’est même le président Ukrainien Volodymyr Zelensky qui sommait les entreprises d’agir face au conflit, et en particulier les entreprises françaises, en quittant la Russie. 

Les impacts de ce conflit sur les entreprises sont nombreux : exportations et importations à l’arrêt ou presque, manque de matières premières, de métaux, envolée des prix du gaz… l’anxiété gagne les chefs d’entreprise. D’ailleurs, pour Larry Fink, PDG de Blackrock, cette guerre signe la fin de la mondialisation. Mais les impacts touchent également à la réputation des entreprises et à leur gouvernance. On envisagerait même d’inclure la présence des entreprises en Russie dans les critères ESG

Piégées entre les appels au boycott des consommateurs et la nécessité de gérer les collaborateurs russes sur place, les entreprises peinent à se positionner face à ce conflit. Pourtant, elles n’ont pas le choix. En tant qu’acteur économique évoluant dans cet univers, et en tant qu’employeur, l’entreprise ne peut pas se targuer de neutralité. Elle peut alors prendre position sur la démocratie à travers ses actes, ses contributions, ses décisions. Et pour se positionner de façon juste, il est important de toujours prendre ces décisions en fonction des valeurs que l’on porte, de la colonne vertébrale que l’on s’est donné.

La finance de demain

Les enjeux clés

Les années 1980 avaient fait de la finance un monde à part, dérégulé, séparé des considérations sociales ou politiques. Depuis quelques années, cette représentation se transforme. De plus en plus, il s’agit de replacer la finance au service de nos sociétés.

La crise ukrainienne l’illustre bien : utilisée comme une arme contre la Russie, comme un bouclier pour les Ukrainiens, la finance fait désormais partie des outils à disposition des gouvernements pour leur action nationale et internationale. L’économie et la finance mondialisée deviennent une continuité de la politique, permettant de sanctionner la Russie sans user de force militaire. Ainsi, en se servant de la finance, il est possible de faire pression, d’orienter la géopolitique, de transformer la société.

En parallèle, la multiplication des crises, sanitaires et économiques notamment, a démontré que ce modèle de finance dérégulée, libéralisée, n’était pas viable. Désormais, la puissance publique réinvestit le monde financier, se met à son chevet, pour la soutenir et l’encadrer. L’on assiste ainsi à une “déglobalisation” financière, comme le nomme l’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran. 

Comment se caractérise cette déglobalisation ? Premier signe de cette transformation : la transition qui commence vers la finance durable. Il paraît désormais évident que les investissements d’aujourd’hui auront des conséquences sur les décennies à venir. Dans cette optique, il s’agit de placer la finance au cœur de la transition, pour impulser rapidement des changements en matière environnementale, en matière sociale, et par extension en termes de résilience. Dans tous les cas, dès aujourd’hui, les jeunes talents font pression pour mettre la finance sur la voie d’une finance verte, d’une finance durable et des formations émergent comme Finance For Tomorrow fondée sur l’analyse ESG, pour faire de la finance une arme au service de la transition écologique et sociale.

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Un livre : Dans “Ouvrez les yeux”, Maurice Lévy, Président du conseil de surveillance de Publicis Groupe, a analysé, étudié, lu, écouté les craintes, ressentis et désirs de la majorité des Français, ceux de la classe moyenne. En s’appuyant sur les résultats du think tank de Publicis, l’auteur a pris en compte des milliers d’expressions, commentaires et paroles de Français qui se sont exprimés sur tous les sujets qui leur tenaient à cœur. Les membres d’Entreprise et Progrès recevront Maurice Lévy le 26 avril prochain.

Des formations : Comment se former aux enjeux d’avenir lorsque l’on a quitté les bancs de l’école depuis plus ou moins longtemps ? De nombreuses écoles proposent aujourd’hui des formations s’adressant aux cadres, permettant ainsi de prendre en compte dans leurs missions les grandes transformations sociétales qui rythment la vie des entreprises : technologie, transition écologique, égalité hommes-femmes, management… 

Un événement : Le Common Good Summit est l’événement du Bien Commun qui réunit leaders industriels, politiques et économistes mondialement reconnus. L’objectif : croiser les points de vue et dessiner ensemble une feuille de route sur le défi climatique, le retour de l’inflation, la révolution des transports, le bouleversement de l’économie du vieillissement ou encore l’essor de l’intelligence artificielle. Rendez-vous les 19 et 20 mai à Toulouse ou en live à distance. 

Un rapport : La destruction de la nature menacerait la stabilité économique, selon un rapport élaboré par des chercheurs et le réseau de banques centrales NGFS (Network of Central Banks and Supervisors for Greening the Financial System). Ce dernier souligne ainsi le manque de prise en compte de la biodiversité par les acteurs économiques, contrairement aux risques climatiques qui sont de plus en plus intégrés. Pourtant, la biodiversité est la base de la vie sur la planète et le déséquilibre des écosystèmes qui nous fournissent de l’eau, de la nourriture, des matières premières, etc. 

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