L’actu du bien commun – mai 2022 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

Résumé de l’actu

L’actu du bien commun c’est l’actualité du leadership, de l’impact, de la raison d’être et bien d’autres sujets de bien commun décryptés pour vous. 

Retrouvez dans votre veille de mai un décryptage de l’actualité autour de trois thématiques clés : 

  • Nouveau statut pour le dirigeant demain ?
  • Le management fait sa transition.
  • Quel climat en politique ?

Nouveau statut pour le dirigeant demain ?

Dans un monde bouleversé, traversé par des crises de toutes sortes et sommé d’évoluer rapidement, le rôle des entreprises, et par extension celui des dirigeants, s’avère de plus en plus questionné. Celui-ci doit représenter un précurseur du changement, orienter son organisation en prenant en compte les enjeux d’avenir, devenir un moteur de la transformation du capitalisme. En bref, il doit montrer l’exemple.

Or, aujourd’hui, de nombreuses polémiques émergent autour de ce statut. L’affaire du PDG de Stellantis a notamment réveillé la grogne autour du sujet de la rémunération des dirigeants. La question du partage de la valeur fait d’autant plus rage dans un contexte fort d’attentes autour de plus de sobriété, de plus de justice sociale, en bref de transition économique et sociétale, alors même que les dirigeants du CAC 40 n’ont jamais été aussi bien payés qu’en 2021. Pourtant, la répartition des bénéfices constitue un enjeu prioritaire également du côté des collaborateurs.

De la même façon, les dirigeants sont attendus sur la bonne compréhension des enjeux de notre monde en pleine mutation. Mal formés aux enjeux de demain, ils ne peuvent pas réellement s’emparer des opportunités que la transition a à offrir. D’ailleurs, seuls 6 % des dirigeants français se disent « vraiment préparés » à la mise en place du Pacte Vert européen

Les enjeux de formation apparaissent ici comme un impératif pour les prochaines années. Car, être un bon dirigeant, ça s’apprend

Mais pour aller encore plus loin, les dirigeants doivent sortir du mythe du “surhomme”, car aujourd’hui malheureusement, si le dirigeant montre une quelconque fragilité, c’est toute l’entreprise qui semble fragile. Il faut donc globalement réformer le statut du dirigeant, repenser sa rémunération à la lumière des enjeux de transition écologique et sociale, que celui-ci admette ses limites, qu’il revête une posture plus empathique. L’entreprise responsable devrait conduire à un dirigeant dont le métier et l’autorité incarnent le sens et l’engagement.

Le management fait sa transition

À la fois technologie et humanité, concret et immatériel, le management combine rationalité et responsabilité. Déstabilisé pendant la crise sanitaire, avec des managers qui ont beaucoup souffert de la situation, cette fonction, indispensable à toute entreprise, dispose tout de même de fortes capacités de résilience. Son histoire est telle qu’elle est d’ailleurs racontée dans un musée itinérant : le Musée du Management

Aujourd’hui, plusieurs visions du management semblent s’affronter. Le management de performance, aussi appelé Lean management, repose uniquement sur la valeur ajoutée d’une action, sur un rythme effréné de travail ainsi que sur une autonomie faible pour les collaborateurs. En face se développe de plus en plus un soft management, un management plus humain, qui s’appuie sur l’éthique, le positif et le durable. En bref, un leadership bienveillant que les collaborateurs semblent de plus en plus plébisciter. Un leadership au service de ses collaborateurs, à l’instar du président Ukrainien et de son « servant leadership », impliquant de faire passer les intérêts des subordonnées avant les siens

Le choix du management s’avère d’autant plus important face au phénomène de grande démission, de tension, que connaît le marché du travail, mais aussi dans le contexte de sortie de crise de la Covid19 qui a, avec ses confinements successifs, contribué à la quête de sens et d’autonomie des collaborateurs. Et au-delà du management humain, c’est même un management hybride, adapté au mode de travail à distance et en présentiel, qu’il faut désormais envisager, privilégier et même développer, pour répondre à ces nouvelles attentes. 

Dans tous les cas, la modernisation du management fait partie des grands défis qui attendent les entreprises. Pour gommer cette obsolescence, les entreprises peuvent envisager la co-construction du management avec les collaborateurs eux-mêmes, définir, en intelligence collective, une nouvelle façon de travailler, innover. Elles peuvent également s’appuyer sur de nouveaux outils émergents et technologies de pointe, à la croisée de la HR Tech et de la digital Workplace. Et pourquoi pas envisager un management 3.0 qui prendrait également en compte la transition écologique ? 

Pour ne pas se tromper et développer un management au plus proche des valeurs de l’entreprise, le plus important reste de mettre en cohérence ce management avec sa raison d’être.

Quel climat en politique ?

« La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas. » En meeting dans les jardins du palais du Pharo à Marseille le 16 avril dernier, Emmanuel Macron avait alors promis un changement de paradigme. Lors de sa réélection, il a ainsi évoqué le souhait de faire de la France une grande nation écologique. Mais cet objectif est-il réellement envisageable ? Alors même que les efforts de la France sont jugés toujours « insuffisants », et les Français considérés comme “mauvais élèves” de la transition écologique, car ils ne sont pas enclins à transformer leurs comportements.

L’absence du climat de ces présidentielles a en tout cas été dénoncée par de nombreux acteurs. Le climat n’aurait ainsi occupé qu’environ 5 % du temps des débats animés par les grands médias audiovisuels. Pourtant, il semblerait au contraire que jamais les enjeux climatiques n’aient été à ce point présents dans une campagne. Une avancée donc, mais loin d’être suffisante pour les jeunes générations qui se tournent aujourd’hui vers les associations et les ONG afin de s’engager véritablement, déçus par les résultats de la présidentielle et inquiets pour leur avenir et celui de la planète.

C’est pourtant bel et bien en passant notamment par la voie politique que nous pourrons envisager une transition durable et efficace de nos modèles, car l’écologie a besoin d’une vision plus politique que technique. Pour que les individus adoptent des comportements vertueux, il faut que les infrastructures et les politiques publiques le permettent. C’est d’ailleurs pour cela que certains scientifiques du GIEC décident aujourd’hui de se lancer sur ce terrain et descendent dans l’arène politique

Alors quelle figure envisager demain pour incarner cette lutte, pour la pousser au sein de la politique ? Ce sont ces personnalités populaires et médiatiques, qui, en incarnant des causes politiques, peuvent provoquer des effets d’entraînement à même de sensibiliser plus d’individus et, ainsi, investir l’espace public et médiatique. Replaçant ainsi le climat au cœur des préoccupations et de l’agenda politique.

Et les entreprises dans tout ça ? Les dirigeants peuvent-ils peser pour le climat ? Ce qui est évident, c’est que sans elles, il n’y aura pas de transition.

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Un livre : Dans En quête de sens, Rodolphe Durand met en lumière les principes guidant l’action des dirigeants aujourd’hui et demain. Cet ouvrage offre un espace de dialogue entre dirigeants et étudiants qui se confient sur leur parcours et leurs aspirations. De cet échange inédit émerge des principes communs : la nécessité d’être authentique, solidaire avec les autres, et de s’engager pour une raison d’être, une mission.

Une enquête : Les entreprises européennes sont-elles préparées au Pacte vert pour l’Europe ? Dans cette enquête, PwC souligne la méconnaissance du Pacte Vert, un texte adopté en décembre 2019 et ayant pour objectif de réduire d’au moins 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. L’enquête illustre ainsi que de nombreuses entreprises n’en sont qu’au début du parcours de leur transition écologique.

Un musée : Créé en 2016 par le Cercle de L’innovation de Dauphine, le Musée du Management a pour objectif d’expliquer l’histoire du management, l’origine de ce mot, ses inventeurs, ses évolutions au cours des siècles, les conséquences sur l’efficacité, le bien-être, le mal-être au travail.

Un événement : Entreprise et Progrès est partenaire de ChangeNOW, le plus grand rassemblement d’innovations pour la planète qui se tiendra du 19 au 21 mai à Paris, au Grand Palais Éphémère et au premier étage de la Tour Eiffel (et en ligne). L’occasion de rencontrer des innovateurs, des investisseurs, des entreprises, des élus municipaux et régionaux, des journalistes, de nouveaux partenaires… Membres d’Entreprise et Progrès, vous pouvez profiter d’une réduction de 20 % sur vos billets. Contactez claire-agnes.gueutin@entrepriseprogres.com pour recevoir votre code.

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