L’actu du bien commun – juillet 2022 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

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Résumé de l’actu

L’actu du bien commun c’est l’actualité du leadership, de l’impact, de la raison d’être et bien d’autres sujets de bien commun décryptés pour vous. 

Retrouvez dans votre veille de juin un décryptage de l’actualité autour de trois thématiques clés : 

  • Management : de nouvelles attentes des collaborateurs
  • La formation comme point de départ
  • L’entreprise en politique

Management 

De nouvelles attentes des collaborateurs

En 2021, un Français sur quatre se déclare touché par la solitude et sans aucun cercle social. Et ce n’est pas très étonnant. Après plus de deux ans de crise sanitaire, de confinements successifs, les Français ont bouleversé nombre d’habitudes. Pour les salariés, qui ont bénéficié pour beaucoup d’un mode de travail hybride, entre présentiel et télétravail, la prise de responsabilité et la plus grande autonomie les poussent aujourd’hui à revoir leurs attentes vis-à-vis de leurs managers, de leurs bureaux, de leurs missions. D’autant que 41% des salariés français seraient en situation de détresse psychologique, dont un tiers en burn out. Alors même qu’une grosse majorité d’entre eux considéraient encore le travail comme élément clé de leur bonheur personnel en 2020.

C’est ainsi que le concept de salarié liquide se développe, en référence au concept  du sociologue Zygmunt Bauman sur la société « moderne liquide », à savoir un salarié qui entretient une relation consumériste à l’entreprise, où ses propres aspirations priment sur le collectif. En résulte par exemple le phénomène de grande démission qui impose aujourd’hui aux entreprises de miser sur la Qualité de Vie au Travail pour recruter et fidéliser les talents. 

Alors quelles sont les attentes des collaborateurs que les entreprises doivent combler dans ce contexte ? Celles-ci touchent globalement la quête de sens dans laquelle se sont lancés de nouveaux collaborateurs, une quête de bien-être, une quête d’un meilleur avenir. Et pour cause, quatre actifs sur dix envisagent de changer d’emploi pour un travail qui aurait plus de sens. Dans ce contexte, l’argument économique ne suffit plus.

Autonomisation, hiérarchie horizontale, agilité, participation aux prises de décision, équilibre vie personnelle et professionnelle… les possibilités pour répondre à cet enjeu sont nombreuses. Certaines entreprises choisissent ainsi d’adapter le temps de travail et de passer à la semaine de quatre jours avec des résultats qui semblent pour le moment très positifs. D’autres accordent plus de flexibilité à leurs salariés avec un télétravail à la carte. Enfin, de plus en plus d’entreprises permettent à leurs collaborateurs de participer directement à la transition de la société en leur offrant du temps à allouer à des missions au service de l’intérêt général. 

La formation

comme point de départ

Former les dirigeants et salariés aux enjeux climat : voici l’une des 10 propositions retenues à la suite de la Convention des entreprises pour le climat qui s’est tenue à Paris le 1er juillet. Plus précisément, il s’agit d’une formation obligatoire pour tous les décideurs économiques d’au moins 20 heures aux enjeux écologiques et énergétiques. Les salariés et leurs représentants doivent avoir accès à des formations et actions de sensibilisation. Et pour cause, la formation constitue un point de départ indispensable de la lutte contre le changement climatique.

Les entreprises ne sont pas les seules à souligner l’importance de se former aux enjeux de transition. Des personnalités multiples, expertes du sujet,  appellent le gouvernement à suivre une formation de 20 heures sur les enjeux écologiques afin que leurs décisions ne puissent plus ignorer les faits scientifiques concernant le changement climatique et la perte de biodiversité. Pour l’instant, ce sont plus de 150 nouveaux députés qui ont pu suivre une formation express par des experts du GIEC sur le climat

Monde de l’entreprise, monde politique, tous sont concernés par ces injonctions, même le monde des grandes écoles. Et si l’on formait tous les étudiants aux enjeux du climat ? De plus en plus de formations intègrent les enjeux de transition dans leurs sujets. Mais ce n’est pas suffisant pour de nombreux étudiants qui ont exprimé leur dégoût lors de leur remise de diplôme. Pour eux, les métiers pour lesquels ils ont été formés sont ceux qui contribuent chaque jour un peu plus à l’effondrement environnemental. Polytechnique, HEC, AgroParisTech… ces étudiants invitent leurs pairs à déserter les entreprises qui ne s’engagent pas activement dans la lutte contre le réchauffement climatique

Au sein des entreprises, l’enjeu de recrutement de ces diplômés est évidemment important. Le manager constitue un acteur clé pour faire face à ces nouveaux défis, pour rendre l’entreprise à nouveau désirable

L’entreprise en politique

Conflit en Ukraine, travail des ouïghours, droit à l’avortement : des événements qui impactent l’entreprise, d’abord sur sa production et son fonctionnement, mais aussi et surtout sur sa réputation. Loin d’être neutre, l’entreprise est sommée de prendre position. Ces dernières années, de plus en plus d’acteurs attendent d’elle qu’elle dépasse la seule rentabilité et s’implique dans les débats de la société, qu’elle revête un caractère plus engagé et plus citoyen. 

Ainsi, de nombreuses entreprises assument désormais cette position d’acteur de la société, s’échappant d’une position neutre et passive. Dans certains cas, il s’agit de pallier les manquements de l’État. Aux États-Unis par exemple, plusieurs entreprises ont annoncé rembourser les frais de déplacement liés aux voyages de leurs collaboratrices dans d’autres États pour avorter. D’autres en appellent à plus de sobriété, à réguler la consommation, comme c’est le cas de 84 dirigeants du secteur de l’énergie. Enfin, il y a tous ceux qui ont annoncé avoir quitté ou quitter prochainement la Russie, par souci de valeurs, d’image ou encore d’impact économique. On parle ici de Google, Coca-Cola ou encore Michelin

Mais ces prises de position ne sont pas sans risques. À se constituer acteur politique de la société, l’entreprise s’expose d’autant plus et ses actions sont scrutées. Car à dire le bien et le mal, elles doivent maintenant prouver qu’elles oeuvrent elles-mêmes pour le bien

Ainsi, les relations entre le politique et le monde des entreprises se diversifient. L’entreprise revêt un rôle politique mais l’inverse peut aussi être vrai. C’est aujourd’hui une politique calquée sur l’entreprise que l’on observe, reprenant ses codes marketing et des principes propres à la RSE

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Une émission : Dans Secrets de dirigeants sur Radio Classique, des dirigeants viennent partager leur expérience afin de répondre à des questions que tout dirigeant, et futur dirigeant, peut se poser dans sa prise de décision : ​​Peut-on devenir PDG d’une grande entreprise sans avoir fait une grande école ? Comment reprend-on l’entreprise familiale ? Comment sauve-t-on une entreprise lorsque le patron disparaît brutalement ? Quels arbitrages fait-on lorsque son groupe est en Russie et que l’Ukraine vient d’être envahie ? 

Un livre : Dans « L’entreprise et le bien commun », Sandrine Frémeaux dévoile l’expérience de la démarche vers le bien commun en entreprise qu’elle estime difficile dans la mesure où la plupart des entreprises demeurent rivées aux résultats économiques et à la compétitivité. Il s’agit, dans cette aventure, d’allier souci de l’autre et souci de soi en participant à un bien communautaire qui est tourné vers le développement humain et qui autorise le plein accomplissement du bien personnel.

Une tribune :  Dans « L’urgence du progrès augmenté : du principe de précaution à celui de responsabilité », Marion Darrieutort, présidente d’Entreprise et Progrès, et Jullien Brezun, vice-président d’Entreprise et Progrès, prônent un progrès augmenté, un progrès au service d’un futur souhaitable pour tous, un progrès au chevet du climat. Car l’intelligence humaine, quand elle prend en compte la dimension intégrale du progrès, trouve des solutions innovantes et pérennes.

Un événement : La 15ème édition du Salon Produrable se tiendra les 13 et 14 septembre au Palais des Congrès de Paris. C’est le plus grand rendez-vous européen des acteurs et des solutions en faveur de l’économie durable, organisé sous le double patronage des Ministères de la Transition Écologique et Solidaire et de la Cohésion des Territoires. En tant que membre d’Entreprise et Progrès, vous bénéficiez d’une réduction de 15 % sur votre entrée en contactant Claire-Agnès Gueutin. 

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