L’actu du bien commun – septembre 2022 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

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Résumé de l’actu

L’actu du bien commun c’est l’actualité du leadership, de l’impact, de la raison d’être et bien d’autres sujets de bien commun décryptés pour vous. 

Retrouvez dans votre veille de septembre un décryptage de l’actualité autour de trois thématiques clés : 

  • Quels défis pour les entreprises en cette rentrée ?
  • Fin de l’abondance : quelle sobriété envisager ? 
  • Crise climatique : lutter mais aussi s’adapter

Quels défis pour les entreprises en cette rentrée ?

Climat, transition écologique, énergie, inflation, pouvoir d’achat, conformité et même croissance. De nombreux défis attendent les entreprises pour cette rentrée. Si le contexte sanitaire semble s’être enfin apaisé, les conséquences de la Covid19 impactent aujourd’hui encore les entreprises. Le problème ne serait pas de vendre mais plutôt de produire : les entreprises font face à des pénuries de main-d’œuvre, de matières premières et d’énergie. Cette rentrée est donc placée sous le signe de l’incertitude et les entreprises devront rester résilientes. Le gouvernement a quant à lui d’ores et déjà établi une stratégie visant à concilier urgence climatique, sobriété énergétique et défense du pouvoir d’achat

Côté collaborateurs, le marché du travail s’avère toujours aussi tendu et les entreprises ne parviennent pas à recruter. En effet, 4 entreprises sur 10 peinent à attirer de nouveaux talents. Travailler son attractivité et fidéliser les talents déjà présents, telles sont les clés pour répondre à l’enjeu de pénurie de main-d’œuvre. 

Parmi les défis se pose également la question de la sobriété. Et sur ce sujet, les consommateurs ont un avis bien tranché sur le rôle des entreprises : près de 9 Français sur 10 considèrent par exemple que les entreprises peuvent les aider, à commencer par leurs dirigeants qui doivent montrer l’exemple. Ces attentes peuvent s’expliquer par une remontée flagrante du degré de confiance des citoyens dans les entreprises. Ainsi, 81 % des Français estiment que celles-ci ont « le pouvoir de changer les choses » et notamment « d’améliorer la société ».

L’entreprise a également un rôle prépondérant en cette rentrée : représenter un pôle de stabilité face aux nombreuses crises de ces dernières années, celles en cours ainsi que celles à venir. Cette entreprise pilier se veut responsable envers ses collaborateurs, ses clients, ses fournisseurs, envers l’environnement… c’est finalement une citoyenneté d’entreprise qu’il faut aujourd’hui envisager.

Fin de l’abondance

Quelle sobriété envisager ?

Restrictions dues à la guerre en Ukraine et épisodes climatiques extrêmes ont ponctué l’été, contribuant à nourrir une idée nouvelle pour certains : celle de la sobriété. Celle-ci ne vise pas à remettre en cause le confort ou le bien-être, mais plutôt à les intégrer à un modèle économique fondé sur une croissance en valeur et non plus en volume.

Alors que les principaux fournisseurs d’énergie se sont alliés pour un appel à la sobriété énergétique, c’est désormais Emmanuel Macron qui s’exprime sur la “fin de l’abondance”. Ce dernier détaille en annonçant la fin des liquidités, des produits de technologie, des matières premières ou encore de l’eau, en bref, de l’insouciance.

Cette rentrée semble bel et bien être placée sous le signe de la sobriété. C’est pourtant tout l’inverse qu’envisage Elon Musk qui imagine pour sa part le futur avec une abondance de biens et de services. Certains pointent ainsi du doigt l’incohérence entre l’injonction toujours plus forte à consommer en masse et l’idée de sobriété. D’autres s’indignent des termes utilisés par le président car une forte partie de la population ne connaît ni abondance ni insouciance, d’autant plus en cette période d’inflation.

Alors à quoi pourrait ressembler cette sobriété ? Les citoyens sont appelés à consommer moins mais mieux. Côté entreprises, il est pour l’instant surtout question de sobriété énergétique. L’exécutif appelle ainsi chaque entreprise à établir son propre plan de sobriété car, en cas de rationnement, elles seront les premières touchées, selon Elisabeth Borne qui somme aussi les dirigeants d’accélérer sur les sujets de transition. C’est même également de sobriété salariale dont on parle en ce moment. Le sujet de la rémunération des dirigeants n’a pas fini de faire parler. 

Sobriété ou non, et si on envisageait finalement de remplacer cette abondance par de la solidarité ?

Crise climatique

Lutter mais aussi s’adapter

Canicules à rallonge, nombreux incendies, sécheresses records… Cet été semble avoir représenté un point de bascule dans les consciences, d’autant que cela risque de devenir la norme. 

Même s’il n’est pas trop tard et qu’il est nécessaire de redoubler d’efforts, il est également indispensable de se préparer aux changements irrémédiables qui vont rapidement advenir. Il est nécessaire de penser dès maintenant une politique d’adaptation, un cadre de projection posé par l’État, d’inclure l’adaptation dans ce grand chantier qu’est la transition. Car plus on tarde à agir, moins on sera libre de choisir.

Des pistes d’adaptation sont d’ores et déjà à l’étude dans plusieurs secteurs. L’urbanisme tente de développer des villes pensées pour faire face aux fortes températures : remettant par exemple le végétal au cœur des pratiques. Certains défendent d’ailleurs l’idée de repeindre tous les bâtiments en blanc, permettant ainsi de lutter contre le phénomène d​​’îlot de chaleur urbain. Les agriculteurs, de leur côté, commencent à miser sur des plantes qui résistent mieux à la chaleur et échangent ainsi par exemple des vignes contre de l’aloe vera. L’on questionne évidemment de la même façon les loisirs et notamment le sport car les exemples de scandales écologiques ne manquent pas. Alors faut-il adapter le calendrier des événements sportifs en fonction des saisons ?  

Les animaux et organismes eux-mêmes s’adaptent au réchauffement climatique puisque l’on remarque des phénomènes de déplacement des habitats ou même d’évolution dans leur physiologie. 

Qu’en est-il des entreprises ? S’adapter implique de comprendre le phénomène et d’être en mesure d’en cartographier les risques. Il est pour cela possible de prendre exemple sur les assureurs, un secteur habitué à établir des scénarios prospectifs. Par la suite, il est important de prendre en compte ces risques climatiques jusque dans le modèle de gouvernance de l’entreprise. Les entreprises pourraient d’ailleurs même devoir anticiper une modification du droit du travail

Cette adaptation, tous secteurs confondus, a évidemment un coût. Si le chiffrage est difficile, une équipe de chercheurs a cependant récemment recommandé d’y consacrer au moins 2,3 milliards d’euros par an afin de mener une véritable stratégie nationale.

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Un événement : Entreprise et Progrès est partenaire des Rencontres du Développement Durable (RDD), le plus grand rendez-vous démocratique pour s’emparer des enjeux de la transition. L’objectif : aider les Français à se faire une opinion informée sur les enjeux du développement durable grâce à des débats riches et accessibles au plus grand nombre. Pour cette année, les rencontres ont lieu successivement dans huit villes avec de nombreux intervenants prestigieux.

Un podcast : Le podcast Ping! animé par Grégory Pouy, également fondateur du podcast Vlan!, tente d’explorer avec des leaders éclairés et des chercheurs ce à quoi le leadership peut et doit ressembler. Ses épisodes visent à inspirer les leaders de demain en montrant qu’il est important de se transformer en profondeur, mais également que d’autres modèles sont possibles.

Un guide : Découvrez notre guide « L’entreprise face aux nouveaux enjeux démocratiques ». Après trois ateliers de débats avec des personnalités inspirantes et expertes du sujet, nous nous sommes forgés une conviction : la question démocratique doit être inscrite comme principe stratégique de la gouvernance des entreprises. Pour faire face aux défis démocratiques, les entreprises n’ont pas d’autre choix que de s’engager, de prendre des positions claires sur l’ensemble des enjeux démocratiques au sens large.

Un livre : Dans Ralentir ou périr, le chercheur en économie Timothée Parrique questionne le mythe de la poursuite de la croissance et ses conséquences. Un système qu’il est selon lui urgent de transformer. Il considère en effet que cette obsession moderne pour l’accumulation est un frein au progrès social et un accélérateur de l’effondrement écologique. Alors entre produire plus, et polluer moins, il va falloir choisir. Dans cet essai économique accessible à tous, l’auteur explore le chemin de transition vers une économie de la post-croissance. 

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