L’actu du bien commun – octobre 2022 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

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Résumé de l’actu

L’actu du bien commun c’est l’actualité du leadership, de l’impact, de la raison d’être et bien d’autres sujets de bien commun décryptés pour vous. 

Retrouvez dans votre veille d’octobre un décryptage de l’actualité autour de trois thématiques clés : 

  • La RSE et les collaborateurs : de nouvelles dynamiques
  • Sobriété énergétique : un enjeu collectif
  • Quel bilan pour l’ESG ?

La RSE et les collaborateurs

De nouvelles dynamiques

Nous traversons une crise de l’engagement des collaborateurs. Avec la crise sanitaire, les salariés se sont sentis déconnectés de leur travail, ont revu leur hiérarchisation des priorités, ont réinterrogé le sens de leurs missions, leur utilité et également leurs conditions de travail. La qualité de vie au travail constitue pourtant une priorité pour 72 % des salariés, un chiffre en hausse depuis l’année dernière. Les collaborateurs sont plus exigeants, et cela se ressent d’autant plus chez les jeunes générations, qui refusent notamment l’écart parfois flagrant entre discours et actions des entreprises, sur le sujet du climat par exemple. 

Ainsi, aujourd’hui, seulement 21 % des employés à l’échelle mondiale s’estiment engagés dans leur travail. La démission silencieuse est l’une des conséquences de ce constat : les collaborateurs manquent de motivation et ne s’engagent pas au-delà des missions minimums qui leur sont attribués, réservant ainsi leur supplément d’engagement aux sphères privées ou associatives.

Pour se sentir engagé, un employé doit bien saisir sa fonction et sa mission au sein de l’organisation. Et même au-delà, il doit avoir un sentiment d’utilité, avoir le sentiment de contribuer à quelque chose. C’est là que la RSE peut jouer un rôle prépondérant car elle représente un enjeu fort pour les ressources humaines. Ainsi, l’existence d’un service RSE tend à améliorer la confiance des salariés dans leur avenir au sein de leur entreprise. Il en est de même pour le sujet du bonheur. 77 % des collaborateurs déclarent ressentir du plaisir dans leur entreprise dotée d’une fonction RSE, contre 60 % dans les entreprises qui en sont dépourvues

Mais attention, il ne s’agit pas seulement d’élaborer une stratégie RSE et de la rendre visible pour répondre aux attentes des collaborateurs. Il est indispensable de les impliquer dans cette stratégie, de les embarquer dans l’aventure, dans la réalisation comme dans les résultats

D’autant que, dans l’autre sens, les collaborateurs constituent également une source particulièrement crédible sur les engagements RSE de leur entreprise. Un atout non négligeable dans le contexte de méfiance envers les entreprises et leurs engagements. 

L’engagement RSE d’une entreprise contribue à améliorer l’image de l’entreprise, par le biais du discours de ses collaborateurs, et à les engager par la même occasion. Une double dynamique qui repose sur la volonté de construire un effort global avec les collaborateurs, les citoyens, les marques, autour d’une consommation plus responsable et durable

Sobriété énergétique

Un enjeu collectif

La crise de l’énergie provoquée par la guerre en Ukraine n’est pas passagère et s’avère révélatrice de notre forte dépendance à l’énergie. Que ce soit dans la production ou dans la consommation, il est urgent de transformer les pratiques, autant pour les citoyens que pour les entreprises. 

Alors qu’organisations, institutions, communes, gares, aéroports et autres entreprises s’engagent à plus de sobriété, les citoyens prennent eux aussi peu à peu conscience que l’heure n’est plus au choix mais à l’action. La culture s’en trouve elle-même touchée, à l’instar de la Tour Eiffel qui se verra désormais éteinte plus tôt pour économiser de l’énergie. 

Alors comment agir concrètement ? Les efforts sont possibles dans de nombreux domaines : éclairage, numérique, chauffage ou climatisation. L’ADEME propose à ce titre un ensemble de “gestes” à court terme permettant de limiter la pression sur le réseau d’énergie

Pour les entreprises, s’agit-il de généraliser de nouveau le télétravail ? C’est en tout cas une des pistes envisagées par le gouvernement. En 2020, les confinements avaient diminué de 20 % la consommation d’énergie par rapport à 2019. 

Cependant, pour atteindre un impact à grande échelle, il est important de coordonner ces efforts afin d’avancer ensemble sur la voie de la sobriété énergétique, et même au-delà, d’une sobriété plus globale. Déjà, des efforts s’organisent à échelle européenne et les ministres européens de l’énergie se sont positionnés sur des mesures d’urgence pour répondre à la crise tels qu’une limitation de la consommation en heures de pointe ou encore la récupération d’une partie des « superprofits » des énergéticiens.

Enfin, il est important de percevoir ces impératifs de sobriété comme une opportunité. Certains estiment à ce titre que c’est la sobriété qui nous fera surperformer économiquement. Pour les prochaines années, il s’agit de potentielles créations d’emploi, d’innovations, de transformations. Il faut miser sur les mesures de cet hiver pour adapter durablement les comportements et faire un pas de plus vers la transition écologique et sociale de nos sociétés.

Quel bilan pour l’ESG ?

Les campagnes activistes axées sur des critères ESG semblent s’accumuler : au 31 juillet, elles s’élevaient à 332, contre 242 en 2021 et 236 en 2020. Dans le même temps, environ 75 % des banques de détail prévoient d’augmenter leurs dépenses en matière d’initiatives ESG. On remarque globalement que les sujets ESG montent en puissance dans les directions financières.

Pourtant, malgré leur développement rapide, les critères ESG se heurtent aujourd’hui encore à des doutes et réticences. L’une des critiques leur oppose par exemple de ne pas être applicable à la stratégie d’une entreprise orientée pleinement vers le profit. D’autant que le taux de succès des campagnes n’est pas encore totalement au rendez-vous. 55 % des campagnes ont été victorieuses en 2022, contre 60 % en 2021, et 67 % sur la période 2018-2021. Des chiffres qui peuvent notamment s’expliquer par la remise en question de certaines valeurs en entreprise face à la crise économique. Aux États-Unis, c’est même un mouvement anti-ESG qui semble se construire petit à petit

Dans tous les cas, il reste aujourd’hui difficile de comparer ces entreprises sur la base de leurs notations dans la mesure où il existe une grande hétérogénéité des méthodes de notation. L’objectif, pour parvenir à une notation ESG efficace et pertinente, serait ainsi de les baser sur un langage commun

Côté start up en tout cas, les critères ESG font intégralement partie des modèles. 68 % d’entre elles ont intégré l’ESG dans leur stratégie commerciale et, ce, notamment face à la demande croissante des clients, collaborateurs mais aussi investisseurs. 

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Un livre : Dans L’entreprise face à sa responsabilité, les auteurs nous invitent à réfléchir à un capitalisme plus moderne et plus responsable qui passe par une réforme de la gouvernance des entreprises et par une meilleure définition des transformations stratégiques. Il s’agit de passer de l’entreprise moderne à l’entreprise responsable. Les auteurs font partie du groupe KEA & Partners, membre d’Entreprise et Progrès, qui est devenu le premier cabinet européen de conseil en stratégie et à avoir adopté la qualité de «société à mission».

Un outil : La plateforme Open Climat lancée par NotaClimat, start-up spécialisée dans le décryptage des politiques RSE des marques, a pour objectif de présenter les actions mises en place par les entreprises pour réduire leur empreinte carbone. Dix entreprises françaises sont actuellement sur ce “Wikipédia de l’action climatique des entreprises » tels que le groupe Bel, membre d’Entreprise et Progrès, Bouygues Telecom ou encore Guerlain.

Un podcast : La Machine à sens est un podcast 100 % dédié aux entreprises à mission, celles qui osent se transformer pour que le profit se conjugue avec les enjeux sociaux et environnementaux. L’objectif : aller à la rencontre de dirigeants ou managers de mission qui témoigneront autour de leur chemin de transformation, qui partageront leur expérience et leurs bonnes pratiques. 

Un chiffre : 49 %, c’est la proportion de chefs d’entreprise à se dire inquiets en France selon le baromètre OpinionWay – Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur sur la « Forme et état d’esprit des dirigeants » 2022. Ce pourcentage a augmenté de 10 points depuis l’année dernière et peut s’expliquer par les préoccupations liées à la disponibilité des ressources et à leur prix.

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