Philippe Escande eut l’idée d’écrire son ouvrage « Capitalisme 3.0 » après les premières manifestations contre UBER à Paris en 2014 qui ont cristallisé le basculement dans le capitalisme 3.0.

UBER, société créée fin 2009, présent aujourd’hui dans 300 villes, compte 1,5 million de chauffeurs. UBER a mis en place une plateforme numérique qui met en relation des usagers et des offreurs de service.

Pareillement, Airbnb, créé à San Francisco fin 2008 est aujourd’hui le 1er hôtelier mondial avec 1,5 million de chambres proposées et environ 2000 salariés. Pour comparaison, Accor possède 400 000 chambres et 180 000 salariés dans le monde.

Ainsi donc depuis quelques années (tournant 2010-2020), nous entrons dans une autre dimension que nous pouvons appeler le « capitalisme 3.0 » ; c’est la 3ème grande révolution industrielle.

La 1ère révolution, dont les prémices se situent aux alentours de 1770, est liée à la mise en usage de la vapeur et de l’acier ; cela a donné naissance à la mécanisation des machines et à la naissance du chemin de fer. Dans la continuité, à compter de 1870 s’est déployée l’électricité, le pétrole, la chimie et le moteur à explosion (187). Cette époque est marquée par les 1ères expositions universelles, les 1ers brevets et l’apparition du téléphone.

Ces 1ères révolutions industrielles qui sont d’abord technologiques, avec une multitude d’innovations, ont entrainé un changement de société, de paradigme, de vision du monde.

La 2ème révolution industrielle s’est développée après la 1ère guerre mondiale via les Etats-Unis (1920-1930) avec l’avènement de la société de consommation (30 ans de croissance ininterrompue avec entre 3 et 5% par an au sein des pays occidentaux).

 

La 3ème révolution, celle d’aujourd’hui.

Avec la sortie de l’Iphone – qui n’est pas une révolution technologique en soi – l’internet se retrouve dans toutes les mains.

Les applications de l’Iphone sont caractérisées par une puissance de calcul énorme.

Pareillement, un recherche Google consomme en calculs l’équivalent de l’ensemble des calculs effectués pour le programme Apollo.

 

Le propos est le suivant : la technologie se banalise, devient (de plus en plus) bon marché et permet des possibilités « illimitées ». UBER et Airbnb n’auraient jamais pu avoir ce succès, sans la possibilité d’un accès à internet ultra facile pour chacun.

En 2000, il y avait 200 millions d’internautes dans le monde, il y en a 2 milliards aujourd’hui.

Partant de ce constat, Philippe Escande a voulu analyser les effets de ce nouveau « capitalisme 3.0 » sur la société.

Tous les secteurs de la société ont été, sont ou seront fortement impactés par cette dissémination du numérique, dissémination via les smartphones notamment.

Exemple du secteur musical en Etats-Unis : 6 majors en 2000 (14 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 14 000 emplois environ) ; 10 ans après le chiffre d’affaires ont été divisé en 2 (7 milliards de dollars) ainsi que le nombre emplois aussi. Il ne reste plus que 3 majors.

 

Au départ, on pensait que ce phénomène « d’ubérisation » ne toucherait que les biens dématérialisés (la presse, les médias, la musiques…). Depuis 2013 environ, il n’y a plus aucun PDG du CAC 40 qui ne se demande si demain Google ne fera pas son métier.

Exemple du secteur automobile : Google a mis au point une voiture sans conducteur.

Aujourd’hui une tâche intellectuelle reproduite 2-3 fois peut ensuite être automatisée. Exemple du journalisme ou la rédaction d’articles est automatisée pour les résultats sportifs. Les métiers de juristes, de banquiers, de comptables sont aussi amenés à être automatiser.

Cette inquiétude sur le numérique c’est la peur de l’ubérisation, c’est à dire « la désintermédiation et la réintermédiation ailleurs ». Le numérique permet de recomposer les chaines de valeurs, de s’appuyer sur l’utilisateur final et de créer des plateformes qui viennent s’intercaler entre l’utilisateur final et l’offreur de service. Cette nouvelle approche c’est typique de Google pour qui l’objectif est d’avoir le plus d’usagers possibles (concept de « la multitude » déclinée par Nicolas Colin).

Ainsi, toute entreprise doit anticiper le risque de voir le numérique s’intercaler dans sa chaine de valeurs et d’imposer des changements de modèles.

Aujourd’hui la richesse se retrouve chez l’intermédiaire et non chez celui qui produit.

 

Par ailleurs, nous assistons à l’apparition d’une économie de l’usage qui pousse également à faire évoluer les business models existants (Blablacar, Airbnb…)

Sur la notion d’intimité, le regard s’est transformé, il n’est plus dans la rue mais sur les réseaux sociaux.

Concernant l’impact de ce « capitalisme 3.0 » sur les emplois, de nombreux emplois vont être supprimés du fait de cette révolution, on ne sait pas où se trouveront les emplois de demain. Ce que l’on sait simplement c’est que la chaine de valeurs sera totalement renversée. Aujourd’hui avec internet, l’informatique et un peu d’intelligence artificielle, une infirmière peut faire le travail d’un médecin. Par ailleurs, les nouveaux travailleurs seront de plus en plus – on peut le prévoir – dans une logique de multi-activités et travaillant en freelance.

Nous remercions Philippe Escande pour sa présence et son intervention.

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