Le travail change. Et nous ? Entreprise et Progrès propose une charte de la personne au travail

De 10 628 articles à 14 questions :

Entreprise et Progrès propose une charte de la personne au travail

 

Le code du travail actuel compte 4000 pages, dont 1200 ajoutées ces 10 dernières années/, n’est plus adapté aux mutations en cours. De nombreuses expérimentations se développent en France et à l’étranger et la question se pose d’une réforme en profondeur. Engagée depuis plusieurs mois dans un chantier visant à faire évoluer le Code du travail sur les bases d’un « Code de la Personne au travail », l’association Entreprise et Progrès présentera l’aboutissement de ses travaux lors d’un colloque qui se tiendra le jeudi 27 novembre 2014 au Collège des Bernardins, de 17h à 22h.

  • Passons d’un code à une charte
  • Remplaçons des règles par des principes
  • Chassons la méfiance, instaurons la confiance

 

Une charte pour remettre la confiance au centre de la relation salarié/entreprise

La charte élaborée par les 120 dirigeants d’Entreprise et Progrès repose sur 14 grands principes, énumérés sous forme de questions que chaque entreprise devrait se poser afin de cerner toutes les dimensions de la personne au travail. La personne, c’est bien plus qu’un salarié.

 

7 questions pour le dirigeant de l’entreprise

 

1.    Quel est le contrat social et moral de mon entreprise ? Les salariés et les associations de citoyens ont-ils les moyens de me prévenir en cas de dérive?

2.    Nos collaborateurs et nos actionnaires se connaissent-ils ? Notre gouvernance permet elle aux actionnaires et aux parties prenantes de partager la même conception de l’intérêt général ?

3.    Mon entreprise cherche-t-elle à rendre mes salariés employables et autonomes tout au long de leur vie ?

4.    Mon entreprise est-elle transparente sur ses objectifs et ses résultats ? Comment, à quelle fréquence, procède-t-elle à l’appréciation de ses collaborateurs ?

5.    Existe-t-il une ambiance de confiance, d’empathie et d’autonomie dans mon entreprise ? La rémunération de nos cadres ou dirigeants en dépend-elle ?

6.    Existe-t-il une différence entre les salariés et les sous-traitants ? Le salarié est-il un sous-traitant ? Et vis-à-vis de nos sous-traitants, jusqu’où doit aller notre responsabilité ?

7.    Est ce que j’organise le temps de mes managers pour qu’ils puissent travailler le long terme comme le court terme ?

 

7 questions pour chaque collaborateur

 

1.    Est-ce que je comprends l’utilité de mon travail, ses effets et la responsabilité économique, sociale et environnementale que j’endosse ?

2.    Est-ce que je participe sans réserve à la mission de mon entreprise? Est-ce que j’aspire à quelque chose de grand avec elle ?

3.    Ai-je confiance dans mon manager et mon leader? Et eux, peuvent-ils avoir confiance en moi ? Ai-je la confiance de mes collègues ?

4.    Suis-je d’accord pour que mon travail soit évalué régulièrement par mes pairs et mes managers ? Est-ce que j’accepte les remarques sans les considérer comme des attaques personnelles ?

5.    Ai-je la volonté de faire une place au long terme dans mon travail quotidien de court terme ?

6.    Quand je parle de l’entreprise et de ses dirigeants, ai-je le bon ton et le bon comportement ?

7.    Est-ce que j’accepte ma part de responsabilité dans les échecs de mon entreprise ? Sans déni, ni peur.

 

Un colloque pour remettre la dimension humaine et relationnelle dans le travail

 

Le Code du travail : désuet ou nuisible ?

Le colloque est intitulé « Le travail change. Et vous ? Pour un nouveau code de la personne au travail ». Il sera l’occasion, pour Entreprise et Progrès, de présenter les axes de réflexion ayant permis d’aboutir à l’élaboration de la charte. C’est le Président de l’association, également Président du groupe 3SI, Denis Terrien, qui introduira les débats sur le thème Code du travail : désuet ou nuisible ? Guillaume Poitrinal, – PDG de Woodéum & Cie et Co-président du Conseil de la simplification – interviendra ensuite lors d’un keynote : La réforme est-elle possible en France ?

 

Première partie : Le travail a-t-il encore un sens ?

Entreprise et Progrès part du principe que le travail, très chargé émotionnellement, revêt un sens différent pour chacun. Le salaire n’est plus la contrepartie de la seule force, comme autrefois. Il induit désormais un ensemble de compétences et un relationnel entre collaborateurs qu’il semble difficile de codifier intelligemment. Certes, les abus doivent être sanctionnés et les collaborateurs doivent être protégés, mais les règles trop strictes du code du travail actuel ne sont pas adaptées à cette nouvelle réalité du travail. Ce nouveau monde a besoin, à côté du code, de principes de comportement et d’action.

Modératrice de cette première partie du colloque, Bénédicte de Beaufort – Déléguée générale d’Entreprise et Progrès -, passera d’abord la parole à Cécile Renouard, religieuse, philosophe et économiste, pour répondre à la question : Le travail, ça sert à quoi ? Interviendra ensuite Daniel Hurstel, avocat spécialiste de la gouvernance, sur le thème : L’entreprise, objet social non identifié. Max de Chantérac, Vice-Président d’Entreprise et Progrès et Directeur de la mobilité internationale chez L’Oréal, évaluera enfin comment réhabiliter les métiers.

 

Le travail en mutation accélérée

Entreprise et Progrès considère que les entreprises sont entrées dans un cycle de mutations profondes qui ont des conséquences importantes sur la relation des personnes à leur vie, au temps, à leur travail et à leurs aspirations. D’abord, nos vies sont transformées par les ordinateurs et les réseaux. Cette révolution, qui n’en est qu’à ses débuts, sera fulgurante. La quantité de savoirs disponibles modifie considérablement notre façon de travailler. Nous ne produisons plus dans une logique de survie – qui rendait le travail humain indispensable – mais dans une logique d’abondance. Il s’agit là d’une véritable révolution anthropologique et technique dont nous ignorons encore toutes les conséquences. Ensuite, concernant l’entreprise elle-même, son organisation, son mode de management et sa gouvernance, ils seront eux aussi affectés par l’évolution d’un travail que la structure demande de plus en plus ouvert et collaboratif. Le management et la gouvernance vont devoir se décentraliser. La mission de la direction change : donner du sens et s’élever au dessus de l’opérationnel.

 

C’est Stéphane Marchand – rédacteur en chef de Paris Tech Review qui sera en charge de la modération des débats de cette deuxième partie du colloque qui touche à l’évolution du travail. Interviendront successivement Myriam Cohen-Welgryn – PDG de Mars Petcare France -, Antoine Lemarchand, – Vice-Président d’Entreprise et Progrès et Président de Nature et Découvertes -, Marie-Laure Sauty de Chalon, – Présidente du groupe Auféminin -, et Elisabeth Laville, – fondatrice du cabinet Utopies. Ils aborderont respectivement les thèmes des leçons de gouvernance positive, de la motivation par la fierté dans une ETI engagée, du travail à l’ère du numérique et des objectifs extras-financiers de l’entreprise.

 

Une charte pour concilier l’idée d’entreprise et l’idée de progrès social

Denis Terrien reprendra la parole pour clôturer le colloque avec la présentation des 14 questions de la charte. Développer à nouveau une dimension humaine et relationnelle dans le travail est un enjeu majeur. Il s’agit de concilier l’idée d’entreprise et l’idée de progrès social, de transformer la réflexion sur le code du travail en une réflexion sur la personne au travail. A cette fin, Entreprise et Progrès veut ouvrir le débat et redonner toute leur place aux personnes dans le travail.

 

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