L’actu du bien commun – février 2021 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

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Réformer le capitalisme ?

Faisons émerger un modèle plus résilient

Crise sanitaire, crise écologique, crise sociale… Ces bouleversements seraient-ils le signe que notre modèle économique est à bout de souffle ? De nombreuses questions se posent en tout cas : l’économie de marché contemporaine est-elle compatible avec l’écologie ? Le creusement des inégalités est-il consubstantiel au capitalisme ? La pandémie n’est-elle pas le produit d’une économie dérégulée, qui bouleverse les équilibres du vivant ?

Même à Davos, temple de l’économie libérale mondiale, les dirigeants parlent désormais de la “face sombre du capitalisme”. Emmanuel Macron y a d’ailleurs appelé à réformer le capitalisme et à faire émerger un modèle plus résilient. Pour Bloomberg, la transformation du capitalisme est précisément le grand défi du nouveau président américain Joe Biden. Même BlackRock continue de plaider pour la transformation du capitalisme financier

Alors, un meilleur capitalisme est-il possible ? Un capitalisme qui ne soit plus fondé sur le précariat du plus grand nombre au profit d’une minorité d’ultra riches ? Un capitalisme plus écologique et plus inclusif, une économie désirable fondée sur la sobriété plutôt que sur la sacro-sainte productivité ?

Sans doute ! Mais il faudra pour cela que la gouvernance de l’économie se transforme. Qu’elle devienne inclusive, bien plus encore que ce que prévoit la Loi PACTE, et qu’elle rééquilibre les pouvoirs entre les actionnaires et les autres parties prenantes. Il faut que l’économie et les entreprises se mettent au service de la société, et qu’elles soient encadrées par des régulations ambitieuses. Exit la World Company, bienvenue à la Society Company, qui sera portée par les entreprises européennes. 

Et surtout, pas de panique : réguler le capitalisme n’est pas le tuer, bien au contraire, c’est lui permettre de survivre. La preuve : le capitalisme des parties prenantes prend déjà son envol, à mesure que les métriques ESG deviennent la nouvelle norme du capitalisme financier. Aux dirigeants de prendre ce train en marche et de ne pas rester sur le quai.

Biodiversité

Revoir notre relation au vivant

Suite à la pandémie, il était indispensable de s’interroger sur la manière dont nous interagissons avec l’écosystème et avec le vivant. Après tout, c’est bien notre rapport à la biodiversité qui favorise l’apparition des pandémies

Si 2015 était l’année du Climat, 2021 sera donc celle de la biodiversité. Tout converge. En ce début d’année, les chefs d’Etats se sont réunis au One Planet Summit pour prendre des engagements en matière de protection de la biodiversité. C’est encore un sujet à Davos, où Emmanuel Macron a appelé à un accord international ambitieux sur la biodiversité. Même son de cloche en Europe, où Ursula Von der Leyen prêche pour un “Accord de Paris sur la biodiversité”.

Mais la prise en compte de la biodiversité est aussi, et même surtout une affaire d’entreprise. Et pas seulement de celles qui sont traditionnellement associées aux questions de biodiversité, comme les acteurs de la construction ou de l’agro-économie. Non, tous les acteurs économiques ont beaucoup d’enjeux dans les questions de biodiversité : la moitié du PIB mondial dépend directement de la préservation des services écosystémiques. Toutes les entreprises dépendent d’une manière ou d’une autre de la préservation de nos écosystèmes.

Problème : peu connaissent les mécanismes pour mesurer leur impact et agir sur les sujets de biodiversité. Résultat : les indicateurs biodiversité sont encore peu présents dans les bilans des entreprises. Et ce, alors même qu’une réglementation est en train d’émerger sur le sujet. Un premier pas a été franchi en janvier avec la publication de la première norme AFNOR Biodiversité, et d’autres pourraient suivre avec la structuration de la Stratégie Nationale Biodiversité. Le lancement de l’éco-score, qui mesure entre autres l’impact des produits sur la biodiversité, pourrait aussi amener les entreprises à redéfinir très rapidement leur rapport aux écosystèmes, comme le nutri-score l’a fait pour l’alimentation. Après la prise en compte des enjeux climatiques, mesurer son impact sur la biodiversité pourrait ainsi être LE gros enjeu pour les entreprises.

Entreprise à mission

Un modèle qui fonctionne

La structuration du statut d’entreprise à mission fait sans conteste partie des grandes avancées de la Loi PACTE. De celles qui pourraient contribuer à faire émerger un modèle économique plus résilient, plus prospère, plus inclusif.

Et ce nouveau modèle fonctionne. L’ascension des sociétés à mission semble irrésistible : en France, ce sont désormais près de 100 sociétés qui sont officiellement entreprise à mission. Et ce ne sont pas que de petites structures très engagées et très militantes. Outre l’emblématique Camif, parfaite illustration de l’entreprise à mission, on trouve aussi Danone, Kéa Partners, le groupe Yves Rocher, ou encore la MAIF. 

Pourtant, certains s’interrogent : le statut d’entreprise à mission est-il… mission impossible ? Comment l’entreprise à mission peut-elle réellement contribuer à la transition vers une économie plus juste si elle reste guidée par les logiques de la rentabilité à court terme qui prévalent dans le système économique contemporain. D’aucuns estiment qu’il faudra des réglementations ambitieuses pour faire de l’entreprise à mission un vrai levier du changement.

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Un livre : Avec la mondialisation et les excès du capitalisme, les grandes entreprises constitueraient, d’après certains penseurs radicaux, un danger pour la démocratie. Pour d’autres, elles ont bel et bien comme rôle de contribuer au financement de la solidarité, de lutter contre le réchauffement climatique, de contribuer au bien commun… Basé sur cette dernière idée, le livre de Dominique et Alain Schnapper tente de répondre à la question suivante : “Soumise à l’impératif de la rentabilité, l’entreprise peut-elle et devrait-elle devenir le lieu privilégié de l’action politique ? “.

Un podcast : Dans Impact Positif, LCI part à la rencontre de celles et ceux qui ont un impact positif sur la société, qui ont un temps d’avance, qui ont choisi d’agir face à l’urgence climatique, la crise démocratique, la croissance des inégalités… Déjà près de 50 épisodes dans lesquels vous pourrez découvrir le témoignage positif et plein d’espoir d’entrepreneurs, de citoyens, d’étudiants, d’associations.

Un documentaire : Dans LEGACY, notre héritage, le photographe, réalisateur et écologiste Yann Arthus Bertrand tente de convaincre les téléspectateurs qu’un sursaut est essentiel pour surmonter les crises touchant le climat et la biodiversité. Ce film représente une ode à la beauté de la nature et de l’humanité, mais constitue également un avertissement. Toute cette beauté est menacée et il faudra agir vite pour la préserver, il n’est pas trop tard. 

Une convention : La Convention des entreprises pour le climat, inspirée de la Convention citoyenne pour le climat, rassemble 150 dirigeants d’entreprises souhaitant mettre en place un nouveau modèle d’entreprise. Ces rencontres donneront lieu à la création d’une plateforme de propositions et de résolutions audacieuses à partir de piliers tels que la finance responsable, le marketing, la comptabilité ou encore la gouvernance.
Un label : Le label Ad for Good est un label à impact social et environnemental dédié à la publicité et visant à sensibiliser les consommateurs et les professionnels du monde de la publicité. Le fonctionnement est simple : lorsqu’un consommateur est exposé à une publicité labellisée Ad for Good, peu importe le support (en ligne ou hors ligne), il est financièrement récompensé par le biais d’une monnaie numérique appelée Boon. Il peut alors se servir des Boon collectés pour faire un don aux organisations à but non lucratif de son choix.

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