L’actu du bien commun – octobre 2020 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

Partagez cet article:​

TwitterLinkedInFacebookWhatsApp

Télécharger en version PDF

Entreprises

(Re)vivre avec l’épidémie

L’entreprise vit un moment charnière, un entre deux, une croisée des chemins. D’un côté, il faut affronter l’épidémie : les gestes barrière, les protocoles sanitaires, les éventuelles fermetures et reconfinements. De l’autre, il faut aussi se relancer, reprendre une activité économique, parfois se réinventer face à un monde de demain qui promet de grandes transformations.

Cette période suscite les craintes et les interrogations des dirigeants : ils sont peu nombreux à avoir confiance dans l’avenir de leur secteur, ils se demandent que faire face à ce qui ressemble de plus en plus à une gestion de crise permanente, ils s’interrogent sur les enjeux du plan de relance pour l’entreprise, certains exprimant même leur inquiétude de ne pas voir les fonds de cette relance. Cette angoisse, elle se traduit dans les rapports annuels, marqués cette année par l’impact de la Covid-19

Beaucoup de dirigeants sont aussi particulièrement inquiets pour l’emploi. Comment sauver des emplois durant cette crise ? Quel modèle adopter ? Quid du prêt de salariés pour préserver l’emploi ? Autant de questions qui se posent et se poseront encore dans les semaines à venir.

Mais les entreprises tentent aussi de faire de cette crise un moment positif. Elles accélèrent la transformation digitale de leur entreprise, elles misent sur la RSE pour la reprise. Elles tentent de mettre la résilience au coeur de leur stratégie de reprise. La question des achats responsables est également au coeur des opportunités de cette rentrée si particulière pour le monde de l’entreprise.

Bien commun et impact positif

L’idée fait son chemin

Une thématique émerge en tout cas de ce chaos, celle du Bien Commun. L’idée : les entreprises doivent agir plus pour l’intérêt général. Et pour cause, de plus en plus de français jugent indispensable que les entreprises s’investissent dans l’économie positive. Les jeunes talents cherchent désormais des entreprises positives. De plus en plus d’analystes constatent que le système économique classique est en panne, et qu’il faut transformer la responsabilité des entreprises. On ne compte plus les appels à investir dès aujourd’hui pour “l’impact positif”

Le “for good” est donc dans toutes les têtes, toutes les entreprises ont désormais compris qu’elles doivent agir pour un monde plus juste et plus écologique, au point que certains s’interrogent : le “bien commun” est-ce un engagement réel ou une façade de com’ ? D’abord, peut-on vraiment définir “l’impact positif” ? Peut-on réellement travailler pour le bien commun en conservant les logiques managériales propres à l’entreprise ? Et si oui, comment sortir du discours opportuniste et simpliste sur le bien commun ? 

Tout l’enjeu sera là pour les entreprises dans les prochaines années : faire mieux, se transformer, accomplir leur transition vers des modèles d’affaire plus vertueux, accepter de renoncer aux anciennes pratiques. Le tout sans tomber dans le “for good washing”.

Raison d’être et RSE

Au coeur de l’action

En attendant, la RSE, peut-être moins sexy que “l’impact” ou le “bien commun” continue de progresser. En Europe, les entreprises sont même considérées comme les plus avancées sur les sujets de RSE. Le baromètre de la DPEF et de la Raison d’être publié par le MEDEF le prouve aussi : de plus en plus d’entreprises s’engagent, même si pour l’heure, 25% seulement des entreprises communiquant sur leur raison d’être l’ont réellement inscrite dans leurs statuts. 

En interne, de plus en plus de salariés connaissent la RSE et accordent une importance aux sujets environnementaux, sociaux, éthiques ou de gouvernance dans leur organisation. Ils appellent pourtant à plus d’informations sur la stratégie de responsabilité de leur entreprise, à tous les niveaux de l’entreprise, mais en particulier chez les plus jeunes.

Pour faire passer cette RSE au niveau systémique, les propositions ne manquent pas. Le Forum de Giverny qui s’est tenu début septembre en a d’ailleurs déposé 30 auprès du gouvernement.

Leadership et management

Mener et guider ces transformations au coeur des entreprises 

Que seront les leaders économiques de demain ? Des leaders engagés, exemplaires, transparents, porteurs de sens et empathiques. Des leaders capables de prendre des décisions humaines dans une situation d’incertitude, de privilégier la résilience et le long terme aux tentations du court-termisme.

Des leaders simples et humains qui dirigent avec le bon sens, capables d’accompagner les parcours de leurs collaborateurs, à l’image de certains patrons de TPE/PME qui ont su surmonter la crise de la Covid-19 avec beaucoup de résilience.

Ces nouveaux leaderships appellent de nouveaux modes de management : un management axé sur l’indépendance, sur l’autonomie et l’adaptabilité. La crise a imposé le télétravail, au point que certaines entreprises passent déjà en mode “full distanciel”. C’est là l’occasion d’évoluer vers plus de confiance

Tous ces bouleversements imposent des défis aux managers. On peut ainsi imaginer un rapport plus individualisé aux collaborateurs, des contrôles différents. De plus en plus d’entreprises se mettent d’ailleurs en quatre pour agir sur ces enjeux, liés au bien-être au travail. 

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

  • Un nouveau Think tank : Lancement d’Impact Tank, un think tank spécialisé dans l’innovation sociale. L’objectif : inspirer l’action publique et l’entreprise de demain. Pour cela, l’organisme peut s’appuyer sur plusieurs institutions universitaires comme Sorbonne Université, Sciences Po, l’Université Paris Dauphine-PSL… afin d’identifier et évaluer les innovations sociales à impact positif dans l’optique de les développer à grande échelle.
  • Une organisation : Bayes Impact est une ONG spécialisée dans le “Tech for Good” puisqu’elle met à disposition du bien commun des innovations technologiques. Centrée plutôt sur le développement de services publics citoyens, l’organisation représente l’exemplarité dans la relation entre secteur privé et bien commun.
  • Un livre : Les patrons face aux Crises. 100 ans d’histoire du patronat français, par François Roche, aux éditions Bourin. Ce livre revient sur les nombreuses crises, grèves, guerres et catastrophes sanitaires subies par le patronat français
  • Un mouvement : Créé récemment, le B Movement Builders regroupe des entreprises multinationales réunies par une même ambition : transformer l’économie mondiale. Les 5 entreprises fondatrices, à savoir Bonduelle, Gerdau, Givaudan, Magalu, Danone ainsi que Natura&Co, souhaitent devenir B Corp ou sont sur la voie de la certification. Il s’agit de se mettre dans l’état d’esprit B Corp à l’échelle de très grandes organisations. 
  • Une personnalité : Camille Etienne, étudiante à Science Po et militante écolo, représente le symbole d’une génération engagée mais également d’un conflit générationnel entre jeunes militants et entreprises.

Télécharger en version PDF

Consultez l’ensemble des veilles

Conception : Youmatter

Partager sur linkedin
LinkedIn
Partager sur whatsapp
WhatsApp
Partager sur facebook
Facebook
Partager sur twitter
Twitter

Plus d'articles

« Réinventer les relations humaines dans l’entreprise de demain », le nouvel épisode du Podcast du Progrès avec Jean-Claude Le Grand, Directeur Général des Relations Humaines de L’Oréal

Découvrez le dernier épisode du Podcast du progrès, le podcast d’Entreprise et Progrès : « Réinventer les relations humaines dans l’entreprise de demain » avec Jean-Claude Le Grand, Directeur Général des Relations Humaines de L’Oréal, interviewé par Antoine Lemarchand, ancien Président de Nature & Découvertes, aujourd’hui Président de Always Day One, et co-Président d’Entreprise et Progrès.

X

Nous utilisons des cookies afin de vous fournir une meilleure expérience de navigation. Vous pouvez également paramétrer les cookies.