L’actu du bien commun – novembre 2020 (réservé aux membres d’Entreprise et Progrès)

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Entreprises

Confinement : comment survivre en se réinventant ?

Après des semaines à tenter de concilier protection sanitaire et préservation de l’économie, Emmanuel Macron tranchait le 28 octobre en annonçant le re-confinement pour une durée minimum de 4 semaines : seule solution face à une épidémie qui s’aggrave et une marge de manoeuvre qui se réduit.

Une annonce difficile à digérer dans le monde économique. C’est une situation dévastatrice pour l’économie d’après la CPME, tout comme pour le MEDEF qui pointe des dégâts sociaux et humains associés à une perte de 75 milliards d’euros de PIB. En résumé : la colère monte dans les milieux patronaux.

Les revendications sociale grimpent en Europe. Et certains s’interrogent :

Finalement, les entreprises s’adaptent et tentent de faire de la crise une opportunité, elles se réinventent au service du bien commun et inventent de nouvelles méthodes, de nouveaux modes de management, continuent de progresser sur les enjeux de responsabilité. Certaines font même déjà le virage vers l’entreprise durable : 74% des grandes entreprises interrogées déclarent que les préoccupations de durabilité vont se renforcer après la crise. On le constate, malgré le re-confinement, un nouveau monde plus responsable est en train d’émerger.

Survivre tout en se réinventant, voilà l’enjeu.

Monde d’après

L’entreprise au service du bien commun

Un nouveau défi pour les entreprises : se repositionner au carrefour de l’économie, de l’humanisme et de l’écologie. La crise pousse les entreprises à chercher toujours plus de sens dans leurs activités, elle rebat les cartes, établit une nouvelle cartographie stratégique pour les dirigeants.

Pour survivre, les entreprises doivent désormais s’engager pour améliorer la société. Les consommateurs et la société en général sont de plus en plus attentifs aux valeurs de l’entreprise, à ses impacts. La fidélité client vient désormais autant de la qualité des produits et services proposés par l’organisation que de sa capacité à créer de la valeur partagée et de l’impact positif

Près d’une vingtaine d’entreprises françaises ont adopté le statut d’entreprise à mission. Pour toutes les entreprises, le passage à l’action est désormais une évidence. D’autres réfléchissent activement (et collectivement) sur la raison d’être, en impliquant leurs parties prenantes dans un véritable exercice d’intelligence collective.

Nous arrivons à l’aboutissement d’un long processus historique qui replace l’entreprise au coeur de la société, et remplace la notions de shareholder par celle de stakeholder. Une vraie révolution culturelle que les dirigeants doivent intégrer au plus vite pour rester dans la course, sans oublier qu’il est important d’oser le durable, car c’est rentable !

Innovation

Retrouver les chemins d’une innovation responsable et locale

Les budgets prévisionnels pour la R&D sont déjà en baisse de 12%. On constate que la crise met à mal les velléités d’investissement en R&D des entreprises. Pourtant, la transformation de l’entreprise passera aussi par le retour sur le chemin de l’innovation.

C’est une trajectoire que la France emprunte depuis quelques temps déjà : elle a gagné cette année 4 places dans le Global Innovation Index, se plaçant en 12ème position des pays les plus innovants. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Le Sénat entend ainsi renforcer les budgets et les mécanismes de la loi de programmation sur la recherche. Cependant, les entreprises doivent aussi se remettre à innover. Elles doivent relever les défis de la transition énergétique, ou encore ceux de la transition alimentaire. Elles doivent inventer de nouvelles manières de consommer, remplacer les matières polluantes comme le plastique

La relocalisation est un enjeu montant dans ce contexte sanitaire et économique.  La crise du coronavirus booste le local et le e-commerce, et les entreprises doivent innover pour s’adapter à cette nouvelle demande. On parle désormais de plus en plus du Made in France et de ses promesses qui séduit de plus en plus de grands groupes, dans une économie qui cherche à se recentrer sur ses fondamentaux et se réindustrialiser. Pourquoi pas privilégier la réparation à ce titre ? 

Les grandes entreprises sont particulièrement challengées. Peuvent-elles s’inspirer des start-up ? Ou des entreprises de l’économie sociale, particulièrement actives dans l’élaboration de solutions innovantes

Le Bonus du Bien Commun

Les tendances

Une idée : Et si le management s’inspirait des moines ? La Règle de Saint Benoît permettrait en effet d’adopter des techniques similaires à celles qui étaient et sont employées dans les monastères. La gestion des conflits, le sens du travail, le respect des rythmes et des fragilités de chacun sont notamment abordés afin de positionner le bien commun au coeur de la gestion des collaborateurs. 

Un évènement : Le Global Positive Forum “Sortir de la crise par l’économie positive” est organisé par l’Institut de l’Économie Positive en partenariat avec Bain&Cie et Le Monde le 17 novembre. Il repose sur le contexte de crise sanitaire qui traverse actuellement le monde et de la crise économique qui en découle. L’édition de cette année portera ainsi sur l’ambition d’interpeller et d’engager les décideurs mondiaux vers une transformation positive des modèles de gouvernance. Quatre propositions majeures seront présentées et discutées à l’occasion de l’évènement. 

Une Chaire : Bouygues et HEC Paris ont annoncé la création d’une chaire “Smart city et Bien commun”. L’objectif : sensibiliser les futurs responsables à une vision plus humaniste et engagée de la smart city, permettant de construire une société urbaine durable et inclusive avec une vision centrée sur l’Homme. Il ne s’agira pas seulement d’enseignement mais également de formation, de promotion et d’organisation d’événements afin d’accompagner les acteurs du changement.

Un concours : Criteo, agence de publicité en ligne, lance le concours Criteo for Good à destination des PME françaises à impact. Les PME porteuses de projets à impact positif sont invitées à postuler jusqu’au 12 novembre et pourraient remporter une campagne publicitaire d’une valeur de 80 000 euros pendant 6 mois. L’entreprise lauréate bénéficiera également d’une accompagnement pour optimiser le budget et garantir sa visibilité. 

Un manifeste : Le Manifeste pour le Zéro Artificialisation Nette est porté par le Club Ville Aménagement. Le Zéro Artificialisation Nette ou “ZAN” a été introduit par le plan national biodiversité en 2018 et vise à favoriser la modification des règles d’urbanisme au profit de la nature. Le Manifeste propose 4 axes permettant d’assimiler au mieux le ZAN.

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