Comment financer l’impact ?

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Le monde de la finance est en train de connaître un virage sans précédent, le virage vers la finance à impact.  

Mais quels sont les tenants et les aboutissants de ce virage qui prend chaque année de plus en plus d’ampleur ? Comment le monde de la finance mise-t-il sur l’impact ? Quelles sont les tendances et dynamiques autour de ce sujet ? De nouvelles règles vont-elles émerger ? Pour les entreprises, cette transition représente également des bouleversements immenses. En quoi constitue-t-elle une nouvelle opportunité de financement et de développement ? Comment le mouvement de la finance à impact va-t-il entraîner le secteur privé sur le chemin d’une transformation positive ?

Afin de répondre à ces questions, retour sur le troisième atelier du chantier impact d’Entreprise et Progrès en partenariat avec le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) : “Comment financer l’impact ?”, avec Fanny Picard, dirigeante d’Alter Equity, et Frédéric Médard, Chief Finance & Corporate Social Responsibility de Bel. 

Le chantier “L’impact en actes, pour maximiser l’impact positif de son entreprise et passer de l’intention à l’action” est présidé par Sylvie Borias, CSR et Corporate Communication Director du Groupe Bel et vice-présidente d’Entreprise et Progrès, Vincent Perrotin, Directeur RSE et Secrétaire du Comité des parties prenantes de la FDJ, avec le soutien de Christine Durroux, senior partner chez Kea & Partners et vice-présidente d’Entreprise et Progrès, en partenariat avec le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D).

Finance à impact : un mouvement qui s’accélère

La finance à impact est une composante de la finance durable qui a pour objectif d’atteindre, en plus de la rentabilité financière, de la performance sur des facteurs extra financiers. Elle regroupe “l’ensemble des investissements qui recherchent à la fois une rentabilité économique et la création d’un impact social et environnemental positif et mesurable” 

Sous la pression d’une société en pleine mutation, de plus en plus concernée par les enjeux sociaux, environnementaux ou encore de santé, cette finance à impact se développe et s’accélère. Les acteurs du monde de la finance sont en train de prendre conscience de l’importance de soutenir des projets à impact positif. Qu’il s’agisse des initiatives de lutte contre le réchauffement climatique, des projets à impact social ou des programmes de transformation vers une économie plus juste, ils attirent de plus en plus l’intérêt des investisseurs. On constate par exemple une augmentation de 40 % des actifs des fonds à impact entre 2019 et 2020.

On estime également que 20 % des émissions obligataires du 1er trimestre 2021 étaient des émissions dites « ESG ». Et en 2020, une étude Blackrock montrait que la communauté financière projetait de doubler la taille des actifs sous gestion qui répondent à des critères stricts de l’ESG.

Cette évolution vers plus de finance à impact peut s’expliquer par l’accélération de la sensibilisation aux enjeux sociétaux et environnementaux, par l’évolution des attentes des citoyens, mais aussi par le renforcement des réglementations et des normes internationales liées à la finance à impact. Sur le plan international, les pays du G7 se sont récemment tous officiellement déclarés favorables à la publication obligatoire des données financières liées au climat. Au niveau européen, de nombreux chantiers sur la finance durable ont été engagés et plusieurs règlements sont déjà entrés en vigueur et seront amenés à se renforcer dans le temps.

Côté entreprises, le mouvement s’accélère également : la crise et la quête de sens qu’elle engendre ont provoqué un intérêt majeur pour les projets à impact et ont mis en lumière la nécessité pour les entreprises de mettre au cœur de leur modèle et de leur stratégie, leur responsabilité envers leur écosystème.

Finance à impact : concilier rentabilité et responsabilité ?

La finance à impact montre aujourd’hui à quel point il est temps de dépasser l’opposition entre performance et impact, entre rentabilité et responsabilité. Les études et les exemples ne manquent pas pour le prouver : une entreprise qui intègre la RSE et les notions d’impact dans ses activités est en général plus performante, plus en phase avec les attentes de la société et des citoyens consommateurs. Une enquête menée par Morgan Stanley montrait ainsi que les entreprises les plus responsables surperforment de plus de 5 % à 10 % vs celles qui ne le sont pas.

Lorsque les organisations intègrent pleinement les notions d’impact environnemental social et sociétal au cœur de leur stratégie, elles affichent non seulement un CA équivalent voire plus élevé, mais aussi une meilleure capacité à attirer les meilleurs talents et à les conserver; elles voient diminuer globalement leurs risques, tirent profit d’une meilleure valorisation de leurs déchets, enclenchent une diminution des consommations, et donc des coûts, développent  leur attractivité vis-à-vis des talents, des fournisseurs, etc. 

Responsabilité et rendement sont donc compatibles sur le papier, et les résultats des entreprises qui s’engagent nous le prouvent un peu plus jour après jour. Une question clé reste le pilotage intégré des 2 dimensions, profitabilité et responsabilité, pour construire de nouveaux modèles qui ne les opposent plus mais construisent au contraire une nouvelle vision de la performance globale des entreprises, prenant en compte résultats financiers et impacts.

Un autre aspect clé de cette mutation pourrait également être l’évolution de la gouvernance des entreprises, certaines formes de gouvernance pouvant potentiellement servir la stabilité de la stratégie de transformation positive et durable, au service de l’impact.

La finance, elle, est en train également d’évoluer, en se reconnectant progressivement à l’économie réelle, à une économie à impact positif.  

Si ce mouvement s’accélère, reste à savoir comment aller encore plus loin, et comment faire de la finance à impact le modèle dominant.

Aujourd’hui, des freins subsistent et notamment, dans certaines organisations, la persistance des vieux réflexes d’inertie, le manque de culture de l’impact, de connaissance des alternatives. D’où l’importance, d’organiser le partage des bonnes pratiques liées à l’impact, que ce soit dans les grands groupes ou PME, afin d’impulser un mouvement général. Plus que jamais, les organisations et les investisseurs peuvent et doivent aussi se faire accompagner et conseiller sur les enjeux de l’impact, car c’est la pérennité de l’entreprise qui est en question, conditionnée par sa capacité à avoir un impact positif sur son écosystème.

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