Agnès Verdier-Molinié
Directrice de l’iFrap
Agnès Verdier-Molinié, Directrice de la fondation iFRAP, think tank « à la frontière du politique, de l’économie, du journalisme, de la recherche et de l’investigation » a d’emblée précisé les 2 facettes du travail de l’iFRAP :
- Equilibrer les comptes publics
- Créer des entreprises et des emplois marchands.
Son ouvrage « on va dans le mur » (Albin Michel, 2015) poursuit cet objectif.
Agnès Verdier-Molinié nous a présenté sa démarche et ses recommandations.
Son discours n’avait encore aucune impact il y a 10 ans – notamment dans les médias – or les lignes bougent. « Un chemin a d’ores et déjà été parcourue ».
Les lignes bougent car le ras le bol fiscal s’est généralisé.
Exemple de ce ras le bol fiscal : dans une commune du sud de la France, entre 2000 et aujourd’hui, la taxe foncière a augmenté en valeur absolue de 81%.
« Historiquement, ce ras le bol fiscal s’est fortement répandu sous le quinquennat de François Hollande bien que les plans Fillon 1 et 2 aient préparé le terrain car « 80% des mesures apportées étaient des augmentations d’impôts ».
En effet, le ras le bol fiscal a rabattu toutes les cartes. Les personnes soutenant la fin de dépenses publiques inconsidérées ont pour certaines d’entre elles votées pour le parti socialiste toute leur vie. Le clivage droite / gauche n’est plus un marqueur. L’élément clé est aujourd’hui le désir de réforme ou pas.
Les hommes politiques évoluent aujourd’hui dans leur discours. En effet, sur le principe, le politique fuit tout risque. Mais à compter du moment où la population invite à prendre ce « risque », les politiques s’y engouffre.
Agnès Verdier-Molinié invite à un travail pédagogique. « Il faut faire comprendre aux français que trop de dépenses publiques crée du chômage et plus d’inégalités et que ce qu’on leur raconte sur le fait que le prélèvement aux riches pour redistribuer aux plus pauvres pour faire baisser les inégalités est une catastrophe. Au contraire, il faut faire l’inverse pour réduire les inégalités. IL faut libérer nos énergies entrepreneuriales ».
Si les français réagissent les politiques réagiront ensuite. A court terme, il faut obliger les hommes politiques à se positionner sur les sujets de fond et à ne pas rester sur l’écume des choses.
« La France doit donc profondément se réformer » martèle Agnès Verdier-Molinié.
« Cela commence par les élus ». Agnès Verdier-Molinié propose que nous passions à 618 484 élus en France à 54000.
Pour la comparaison, nous avons en France 1 élu pour 104 habitants quand les britanniques ont 1 élu pour 1600 habitants.
Le problème est que les élus locaux constituent le vivier politique des partis politiques. Sans élus, le financement public est moindre. Ainsi donc, les partis politiques ne proposeront « jamais » une telle mesure. Pour autant, contrebalance-t-elle, la majeure partie de nos voisins européens ont réduit considérablement le nombre de systèmes et de circonscriptions d’élection.
Pareillement, les investissements des collectivités locales (communes et intercommunalités) représentent 40 milliards d’euros par an (musées, piscines, salles des fêtes…). Pour autant, personne ne sait comment est dépensé cet argent. Les finances publiques doivent dont être drastiquement contrôlées car de trop nombreux cas d’abus et de mauvaises gestions sont fréquemment découverts.
En Italie, un site classe les villes en fonction de la bonne gestion de leur budget ; le contrôle est total.
Agnès Verdier Molinié revient ensuite brièvement sur le paritarisme : « 100 000 mandats paritaires, ce n’est plus possible ».
A la question de savoir qui peut sauver la France, Agnès Verdier-Molinié répond qu’elle ne croit pas à un leader mais « plutôt à une équipe commando capable de tenir 3 ans, de faire les réformes et de s’en aller ensuite ».
Agnès Verdier-Molinié invite ainsi la France à prendre exemple sur les autres pays européens. Avec la crise, les gouvernants de ces pays ont baissé les dépenses publiques, abaissé les impôts ; le taux de chômage de ces pays est inférieur au taux français.
La directrice de la fondation iFRAP conclut en disant que la clé c’est de « mettre la fiscalité au service de la création d’emploi ». « Nous devons aider les personnes ayant réussi à aider les entreprises de demain à croître. Finalement nous condamnons les français à être de plus en plus individualistes au lieu de l’inverse ; sous couvert de l’inverse d’ailleurs… Nos propres services publics créent leur propre intérêt au nom de l’intérêt général ».
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