Entreprise et démocratie

Chantier : L’entreprise face aux nouveaux défis démocratiques

Le système économique contemporain s’est très largement construit autour de l’idée d’une certaine neutralité politique de l’entreprise. À chacun son rôle : pour l’entreprise, “faire du business” sans s’engager dans les soubresauts politiques qui agitent parfois la société, à l’Etat ou aux associations la gestion des problèmes sociaux, politiques ou environnementaux. 

Dès le début de son histoire, Entreprise et Progrès a cherché à déconstruire ce consensus apparent, en proposant au contraire une vision de l’entreprise engagée dans les transformations sociales de son époque. Et après 50 ans d’existence, il semble que les conditions soient plus que jamais réunies pour porter ce message d’une entreprise “politique”, “citoyenne”, engagée pleinement comme acteur de la démocratie.

La mondialisation économique devenue instantanée et interdépendante, numérique et financiarisée, a donné aux entreprises une autonomie et une puissance considérable. Mais cette mondialisation n’a pas tenu toutes ses promesses. Ni la démocratie, ni l’apaisement géopolitique ou culturel, ni la prospérité ne se sont véritablement imposés. À rebours de la promesse de la fin de l’Histoire que faisaient historiens et économistes dans les années 1990, des problématiques surgissent ou ressurgissent : crise écologique, hausse des populismes, tensions géopolitiques exacerbées, inégalités, clivages identitaires.

Tout cela impose aux entreprises de s’interroger profondément sur leur rôle politique, sur leur place au sein de la démocratie mondiale. Car de toutes parts, les organisations économiques sont interpellées par la société civile, les associations, et même parfois les juges, qui veulent savoir ce qu’elles vont faire de cette puissance acquise pour participer, ou non, à la résolution des enjeux nouveaux de notre siècle. De toutes parts, de nouveaux dilemmes démocratiques se font jour pour les entreprises, de nouvelles questions émergent, toutes à la fois économiques, géopolitiques, culturelles et sociales.

Ce questionnement nouveau sur le rapport de l’entreprise à la démocratie n’est pas qu’un questionnement théorique. Il a des implications profondes dans la gouvernance et les pratiques opérationnelles des entreprises et ouvre de nombreuses questions : Comment s’insérer dans les rapports de puissance qui opposent les grands modèles géopolitiques, régimes démocratiques, régimes autoritaires ? Comment affronter les grandes évolutions culturelles qui secouent la société, l’émergence de revendications nouvelles, d’identités nouvelles ? Comment garantir dans leur chaîne de valeur sur toute la planète les droits humains et sociaux ratifiés par les conventions internationales aussi bien sur le travail forcé, la corruption, ou les discriminations ? Comment participer ou non, par sa gouvernance et ses pratiques, par sa communication, sa transparence et sa capacité à gérer les données, au développement des valeurs démocratiques ?

Ces questions sont au cœur du chantier de réflexion “L’entreprise face aux nouveaux dilemmes démocratiques”, ouvert par Entreprise et Progrès en ce début 2022, année hautement politique. Lors de 3 ateliers, nous souhaitons revenir, avec les meilleurs experts du sujet, sur la manière dont l’entreprise est amenée à se questionner sur ses liens avec le monde politique, avec les débats de société, sur la façon dont elle s’insère dans une mondialisation plus que jamais géopolitique. Ce chantier est présidé par Christine Durroux, senior partner chez Kéa & Partners, et Patrick D’Humières, président-fondateur d’Eco-Learn. 

À l’issue de ce chantier de réflexion, et alimenté des apports des meilleurs experts, Entreprise et Progrès devrait être en mesure de proposer des réponses à ces questionnements et des orientations pour poursuivre sa mission dans l’ADN de l’association, en se situant plus que jamais au cœur des problèmes du monde et de notre époque. 

Ateliers : 

Atelier 1 : L’entreprise face aux débats de société

Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, et Alexandra Palt, Chief Corporate Responsibility Officer et CEO de la Fondation L’Oréal, seront reçus par Christine Durroux, senior partner chez Kea & Partners, et Patrick D’Humières, président-fondateur d’Eco-Learn.

Atelier 2 : L’entreprise face aux politiques

Éric Le Boucher, éditorialiste pour Les Échos et Nicolas Théry, président du Crédit mutuel, seront reçus par Christine Durroux, senior partner chez Kea & Partners, et Patrick D’Humières, président-fondateur d’Eco-Learn.

Atelier 3 : L’entreprise face aux mutations géopolitiques

Pierre-André de Chalendar, président de Saint-Gobain, et Sylvie Matelly, directrice adjointe de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), seront reçus par Christine Durroux, senior partner chez Kea & Partners, et Patrick D’Humières, président-fondateur d’Eco-Learn.

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